Le groupe parlementaire minoritaire au Ghana réclame un audit approfondi concernant les dépenses engagées pour le rapatriement de ses ressortissants depuis l'Afrique du Sud. Cette demande, qui fait suite à l'analyse d'un rapport détaillé, vise à clarifier des anomalies comptables identifiées dans le financement de cette opération d'urgence.
Une exigence de transparence budgétaire
Le député Samuel Abu Jinapor, membre de la commission des Affaires étrangères, a précisé que la démarche de l'opposition ne constitue pas une accusation formelle de malversation à l'encontre du ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. L'objectif affiché est d'obtenir une vérification indépendante des comptes pour lever les zones d'ombre relevées dans le rapport de plus de 200 pages soumis par le ministère. Selon les parlementaires, demander un audit est une procédure de contrôle normale pour garantir la bonne gestion des fonds publics alloués à cette mission.
Le coût d'une opération de rapatriement complexe
L'opération, rendue nécessaire par la recrudescence d'actes de xénophobie en Afrique du Sud, a permis le retour de 1 964 citoyens ghanéens entre mai et septembre 2026. Le ministère des Affaires étrangères a chiffré le coût total de cette logistique à 49 721 786 GH¢. Face aux interrogations, le ministre a défendu la gestion de ces fonds lors d'une présentation publique, affirmant qu'aucune somme n'avait été détournée et que l'ensemble des dépenses était justifié par les documents fournis.
Le rôle du contrôle parlementaire
La controverse porte sur des écarts de chiffres jugés anormaux par la minorité parlementaire. En réponse à une demande d'accès à l'information, le ministère avait pourtant transmis une documentation exhaustive, incluant les signatures et coordonnées des personnes évacuées. Si le ministre maintient la rigueur de sa gestion, l'insistance de l'opposition pour un audit externe souligne l'importance accordée par les élus ghanéens à la reddition de comptes dans les opérations diplomatiques et humanitaires d'envergure. La suite de ce dossier dépendra désormais de la décision du Parlement quant à la nécessité d'une expertise comptable indépendante pour clore ce débat financier.