Le Parlement ghanéen exige des comptes sur les milliards perdus dans l’or acheté par la Banque du Ghana

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 20 lectures
Le Parlement ghanéen exige des comptes sur les milliards perdus dans l’or acheté par la Banque du Ghana

Le groupe minoritaire au Parlement ghanéen intensifie ses pressions pour exiger des comptes sur la gestion des milliards de dollars engagés dans le programme d’achat d’or de la Banque du Ghana (BoG), mettant en cause le Ghana Gold Board (GoldBod) dans les pertes financières estimées à 1,7 milliard de dollars.

Un programme controversé aux enjeux colossaux

En 2025, la Banque du Ghana a massivement accru ses achats d’or sur le marché local dans le cadre du Domestic Gold Purchase Programme (DGPP), un dispositif visant à reconstituer les réserves internationales du pays et à stabiliser le cedi. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la BoG a acquis pour 7,6 milliards de dollars d’or jusqu’en août 2025, dont 5 milliards auprès des petits mineurs artisanaux. GoldBod, l’institution publique chargée de l’or, a joué un rôle clé dans ces transactions en tant qu’intermédiaire.

Le groupe minoritaire au Parlement interprète les données du FMI comme révélant des sous-évaluations estimées à 1,7 milliard de dollars (soit environ 22 milliards de cedis au taux de change actuel), liées aux mécanismes de fixation des prix et aux conditions commerciales des contrats. Ces pertes potentielles, engagées avec des fonds publics, soulèvent des questions sur la transparence et la discipline financière des institutions impliquées.

GoldBod rejette les accusations, mais le débat persiste

Le directeur général de GoldBod, Sammy Gyamfi, conteste les chiffres avancés par l’opposition, affirmant que les états financiers audités de 2025 affichent un excédent opérationnel de 907 millions de cedis et un surplus global de 5,4 milliards. Il insiste sur le fait que GoldBod n’a agi qu’en tant qu’agent technique, chargé de l’achat, de l’analyse et de l’exportation de l’or pour le compte de la BoG, cette dernière conservant la responsabilité des ventes aux acheteurs finaux.

Pourtant, le groupe minoritaire rétorque que la responsabilité ne peut être esquivée par un simple débat de compétences institutionnelles. Il exige des éclaircissements sur les mécanismes de tarification, les remises, les primes, les frais et les accords avec les acheteurs, ainsi que sur la répartition des risques financiers entre GoldBod et la BoG. Ces questions sont d’autant plus cruciales que le programme a été présenté comme un levier stratégique pour renforcer les réserves du pays.

Au-delà des chiffres : un enjeu de gouvernance nationale

Le FMI a reconnu que le DGPP a contribué à doubler les réserves internationales du Ghana, atteignant 11,9 milliards de dollars fin 2025, grâce notamment aux recettes aurifères. Cependant, l’institution a aussi appelé Accra à mettre fin aux activités quasi-fiscales et à renforcer le cadre institutionnel entourant ces achats d’or.

Pour le groupe minoritaire, dirigé par la députée Patricia Appiagyei, cette controverse dépasse les querelles politiques entre l’opposition et GoldBod. Elle rappelle que le Parlement a un devoir constitutionnel de scrutiniser l’utilisation des ressources publiques et de garantir la transparence des institutions gérant les actifs nationaux. « Les personnalités changent, les gouvernements passent, mais l’obligation de rendre des comptes reste », a-t-elle déclaré, annonçant la poursuite des investigations via les voies parlementaires appropriées.

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