Face à l'inefficacité chronique des systèmes de gestion des déchets au Ghana, l'opposition parlementaire plaide pour la création d'un fonds national dédié à l'assainissement. Cette initiative vise à garantir un financement pérenne pour les municipalités, actuellement freinées par un manque criant de ressources financières et opérationnelles.
Des capacités locales sous-dimensionnées
Le constat dressé par Ralph Poku-Adusei, membre du Comité parlementaire sur l'assainissement et les ressources en eau, est sans appel : les collectivités locales manquent cruellement de moyens humains et financiers. L'élu souligne l'absurdité de certaines situations où des municipalités entières ne disposent que de huit agents de nettoyage pour couvrir l'ensemble de leur territoire. Cette pénurie de personnel, couplée à une absence de contrats pérennes avec les entreprises privées de gestion des déchets, empêche toute continuité dans le ramassage et le traitement des ordures, aggravant ainsi les risques sanitaires dans les zones urbaines.
Vers une transition vers la valorisation énergétique
Au-delà de la simple collecte, le débat porte désormais sur la nécessité de moderniser l'approche nationale. L'opposition estime que le Ghana doit impérativement dépasser le stade de la gestion des décharges et de la lutte contre la défécation à l'air libre pour s'orienter vers des systèmes de transformation industrielle. L'objectif est de convertir les déchets en ressources exploitables, notamment par le biais de technologies comme le biogaz, capable de générer de l'électricité. Pour les parlementaires, le retard accumulé par le pays dans ce domaine est le signe d'une stratégie nationale qui n'a pas encore su intégrer l'innovation technologique au cœur de ses politiques publiques.
Un levier financier pour une réforme structurelle
La proposition d'un fonds dédié répond à une exigence de prévisibilité budgétaire. Actuellement, l'instabilité des financements empêche les autorités locales de s'engager dans des partenariats à long terme avec le secteur privé. En sanctuarisant des ressources financières, ce fonds permettrait non seulement de stabiliser les services de collecte de base, mais aussi d'investir dans les infrastructures de traitement nécessaires. Cette réflexion s'inscrit dans le cadre d'une évaluation globale menée par le Comité parlementaire sur l'assainissement, qui examine actuellement l'état des installations de traitement à travers le pays pour déterminer les priorités d'investissement à court et moyen terme.