Le président du Parlement ghanéen, Alban Bagbin, a solennellement appelé les législateurs à transcender les intérêts partisans pour mener à bien la révision de la Constitution de 1992. Ce processus, crucial pour l'avenir démocratique du pays, exige une volonté de compromis afin de transformer les recommandations techniques en réformes durables pour la nation.
Un appel au consensus législatif
Lors de la reprise des sessions parlementaires le 3 novembre 2026, Alban Bagbin a insisté sur la nécessité d'un dialogue constructif. Pour le président de l'Assemblée, la réussite de cette réforme repose sur la capacité des élus à mettre de côté les positions figées pour atteindre un terrain d'entente. Cet impératif est d'autant plus pressant que certaines modifications envisagées touchent aux dispositions dites « verrouillées » de la loi fondamentale, nécessitant une adhésion politique large et une consultation populaire.
Le cadre institutionnel de la réforme
La démarche actuelle s'appuie sur les travaux d'un comité d'experts présidé par le professeur H. Kwasi Prempeh, nommé en janvier 2025 par le président John Mahama. Après une phase de consultations nationales, ce comité a remis ses conclusions en décembre 2025. Les recommandations portent sur des piliers majeurs de la gouvernance, notamment la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif, les modalités des nominations présidentielles, la décentralisation et la durée du mandat présidentiel.
Le rôle du Comité de mise en œuvre
Suite à la publication du document de position du gouvernement en juillet 2026, une nouvelle étape a été franchie le 28 août 2026 avec l'inauguration du Comité de mise en œuvre de la révision constitutionnelle (CRIC), composé de 11 membres sous l'égide du ministre de la Justice, le Dr Dominic Ayine. Ce comité est chargé de traduire les orientations gouvernementales et les recommandations initiales en deux projets de loi distincts.
Le premier texte concernera les dispositions non verrouillées, dont l'adoption requiert une majorité des deux tiers au Parlement. Le second, relatif aux dispositions verrouillées, devra impérativement faire l'objet d'un référendum national, conformément à l'article 290 de la Constitution. La capacité du Parlement à naviguer entre ces exigences techniques et les réalités politiques déterminera l'ampleur des changements apportés à l'architecture institutionnelle du Ghana.