Le Parlement espagnol approuve la citoyenneté pour des dizaines de milliers de Sahraouis nés avant 1977

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
Le Parlement espagnol approuve la citoyenneté pour des dizaines de milliers de Sahraouis nés avant 1977

Le Congrès des députés a adopté à une large majorité un projet de loi qui octroiera la nationalité espagnole à des Sahraouis nés avant le 29 septembre 1977, même s’ils n’ont jamais résidé en Espagne. Le texte, soutenu par le gouvernement socialiste, doit encore être examiné par le Sénat, alors que Madrid gère simultanément une crise migratoire à Ceuta et des relations délicates avec le Maroc.

Le texte de loi et les bénéficiaires estimés

Le projet prévoit que les Sahraouis nés avant le 29 septembre 1977, date marquant la fin de la présence espagnole en Sahara occidental, puissent obtenir la nationalité espagnole. Le droit s’étend également à leurs enfants, qui pourront se naturaliser sans condition de résidence sur le territoire espagnol. Les organisations sahraouies estiment que le nombre de personnes concernées se situe entre 70 000 et 120 000, bien que le chiffre exact reste à confirmer.

Un vote au cœur des tensions Espagne‑Maroc

Le scrutin intervient alors que les relations entre Madrid et Rabat sont sous pression, notamment à cause de l’afflux de plus de 70 000 migrants marocains à Ceuta en juillet. Si le gouvernement de gauche a évité de blâmer directement le Maroc, la droite espagnole accuse Rabat d’orchestrer la vague migratoire à des fins politiques. Le Maroc, qui revendique la souveraineté sur le Sahara occidental, n’a pas officiellement condamné le projet, mais des responsables du Conseil royal ont déclaré ne voir « aucun problème » à ce que les Sahraouis obtiennent la citoyenneté espagnole, rappelant que des cas similaires ont déjà eu lieu ces dernières années.

Enjeux historiques et symboliques

Le Sahara occidental a été une colonie espagnole jusqu’en 1975, date à laquelle l’Espagne s’est retirée suite à des accords avec le Maroc et la Mauritanie. Le texte est présenté par les partisans comme une réparation d’une « injustice historique » commise par l’ancienne puissance coloniale. Tesh Sidi, première parlementaire d’origine sahraouie au sein de la coalition de gauche Sumar, a souligné que la loi « restaure » la carte d’identité nationale espagnole aux Sahraouis qui en avaient été privés lors du départ de l’Espagne.

Prochaines étapes parlementaires

Après le vote du Congrès (168 voix pour, 31 contre, 145 abstentions), le projet de loi est transmis au Sénat, où des amendements sont attendus. Le texte devra ensuite revenir à la Chambre des députés pour une validation finale avant d’être promulgué. Les débats au Sénat seront probablement marqués par des discussions sur les implications diplomatiques avec le Maroc et sur les éventuelles répercussions sur la politique migratoire espagnole.

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