Le Parlement espagnol a approuvé une proposition de loi qui offrirait la nationalité espagnole à environ 80 000 Sahraouis nés pendant la période où le Sahara occidental était sous administration espagnole. Cette initiative, qui pourrait s’étendre aux descendants, revêt une importance historique et risque de redéfinir les rapports entre Madrid, Rabat et les populations sahraouies.
Le texte adopté par le Congrès des députés
Au cours de la session parlementaire, les députés ont voté en faveur d’une mesure visant à reconnaître la citoyenneté espagnole aux personnes nées entre 1950 et 1975, période où le Sahara occidental était considéré comme une partie du territoire espagnol. Le projet de loi, présenté comme une réparation symbolique, a été adopté à une majorité qui reflète un consensus politique autour de la reconnaissance des liens historiques entre l’Espagne et les Sahraouis.
Un droit de citoyenneté pour 80 000 Sahraouis
Selon les estimations officielles, la mesure concernerait directement près de 80 000 individus, dont la plupart résident aujourd’hui dans des camps de réfugiés en Algérie ou en Mauritanie, ainsi que dans la diaspora européenne. La loi prévoit la délivrance d’un passeport espagnol, l’accès aux services publics et la possibilité de travailler ou d’étudier dans l’ensemble de l’Union européenne. Les autorités ont indiqué que les dossiers seraient traités sur la base de documents d’état civil datant de l’époque coloniale.
Réactions attendues du Maroc et enjeux bilatéraux
Le Maroc, qui considère le Sahara occidental comme partie intégrante de son territoire depuis 1975, a déjà exprimé son mécontentement face à toute initiative perçue comme une remise en cause de sa souveraineté. Les analystes prévoient que Madrid devra gérer une réaction diplomatique de Rabat, déjà tendue par des différends autour de Ceuta, Melilla et de la pêche dans le détroit de Gibraltar. Le gouvernement espagnol a souligné que la mesure ne visait pas à influer sur le statut final du Sahara, mais à répondre à une revendication de justice historique.
Perspectives d’extension aux descendants et implications diplomatiques
Le texte prévoit la possibilité d’étendre la naturalisation aux enfants et petits-enfants des bénéficiaires initiaux, ce qui pourrait porter le nombre de nouveaux citoyens espagnols à plusieurs centaines de milliers. Une telle extension renforcerait les liens entre les communautés sahraouies et l’Espagne, tout en ajoutant une couche supplémentaire aux négociations multilatérales sur le statut du Sahara occidental, menées sous l’égide des Nations unies. Pour les entreprises et les investisseurs, la mesure pourrait également ouvrir de nouvelles opportunités de mobilité et de coopération transfrontalière, à condition que les tensions diplomatiques soient maîtrisées.