La Confédération des États du Sahel (AES) a franchi une étape institutionnelle décisive avec l'ouverture, ce lundi 24 août 2026 à Niamey, de la session inaugurale de son Parlement confédéral. Cette nouvelle instance législative, forte de 45 députés issus du Burkina Faso, du Mali et du Niger, vient parachever une architecture commune visant à harmoniser la souveraineté, la sécurité et le développement des trois nations sahéliennes.
Une instance au service de l'intégration régionale
La cérémonie d'ouverture a été présidée par le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, au nom du chef de l'État, le général Abdourahamane Tiani. Ce Parlement a pour mission fondamentale de rapprocher les institutions communes des populations locales. Il se veut le porte-voix des aspirations citoyennes au sein d'un espace politique qui privilégie désormais une diplomatie partagée et une gestion concertée des enjeux sécuritaires et économiques, marquant une rupture avec les structures de coopération antérieures.
La consolidation d'un bloc sécuritaire et financier
L'installation de cette assemblée s'inscrit dans la continuité de chantiers stratégiques finalisés fin 2025. L'AES s'est en effet déjà dotée d'une Force unifiée, forte de 5 000 soldats sous le commandement du général burkinabè Daouda Traoré, dédiée à la lutte contre les groupes armés. Parallèlement, la Banque confédérale pour l'investissement et le développement (BCID-AES), inaugurée à Bamako en décembre 2025 avec un capital de 500 milliards de francs CFA, a pour objectif de financer des projets structurants dans l'énergie, l'agriculture et les infrastructures, en s'affranchissant des circuits financiers occidentaux traditionnels.
Une trajectoire politique entamée en 2024
Le processus de construction de la Confédération a été enclenché le 6 juillet 2024, lors de la signature du traité fondateur à Niamey. Depuis cette date, les trois pays ont multiplié les initiatives pour renforcer leur autonomie, incluant le lancement d'une chaîne de télévision confédérale basée à Bamako. Si les modalités précises du fonctionnement parlementaire restent à définir, cette session inaugurale confirme la volonté des autorités de l'AES de transformer leur alliance en un espace politique intégré et souverain, capable de porter une vision commune sur la scène régionale.