La disparition tragique du Dr Ibrahima Sow, directeur de l'hôpital régional de Matam, survenue samedi dernier lors d'un accident de la route, prive le système de santé sénégalais d'une figure de proue. Chirurgien formé aux situations d'urgence et gestionnaire hospitalier reconnu, il avait consacré sa carrière à l'amélioration des soins, tant dans la capitale que dans les zones les plus reculées du pays.
Un engagement forgé sur le terrain
Né à Dakar et formé à l'Université Cheikh Anta Diop, le Dr Ibrahima Sow a très tôt orienté sa pratique vers une médecine de proximité. Son parcours, marqué par des expériences à Tambacounda et Louga, reflétait sa conviction profonde : celle que le médecin sénégalais doit répondre présent sur l'ensemble du territoire national. Cette vision était nourrie par une solide expertise technique, incluant une spécialisation en chirurgie générale et une formation en chirurgie de guerre auprès du Comité international de la Croix-Rouge, lui permettant d'opérer avec efficacité dans des conditions précaires.
Le syndicalisme au service de la qualité des soins
Au-delà de ses compétences cliniques, le Dr Sow s'est distingué par un engagement syndical constant. Membre actif du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES), il a longtemps milité pour l'amélioration des conditions de travail des soignants. Pour lui, cette lutte était indissociable de la qualité de la prise en charge des patients. Son passage à l'hôpital Abass Ndao, où il a dirigé le bloc opératoire pendant une décennie avant de présider la Commission médicale d'établissement, témoigne de sa capacité à concilier pratique médicale et management institutionnel.
La mission inachevée à Matam
Nommé à la tête de l'hôpital régional de Matam en mai 2025, le Dr Ibrahima Sow s'était investi dans le déploiement du projet d'établissement 2021-2026. Son objectif était clair : transformer la structure en un pôle de référence, en misant sur l'accueil et la rigueur de gestion. C'est dans le cadre de ses fonctions, après avoir participé au lancement de la campagne Octobre Rose 2026 à Ndioum, qu'il a trouvé la mort. Son décès laisse un vide au sein de l'administration hospitalière et parmi ses confrères, qui retiennent de lui un praticien attaché à l'empathie et à l'examen clinique rigoureux comme piliers de la médecine.