Le parc national de Gouraya, situé sur les hauteurs de Béjaïa, constitue un espace naturel d'exception où se rencontrent falaises calcaires, forêts denses et biodiversité marine. Classé réserve de biosphère par l'UNESCO en 2004, ce site de 2 080 hectares impose une gestion rigoureuse pour concilier fréquentation touristique et impératifs de conservation environnementale.
Une réserve de biosphère sous surveillance
Créé en 1984, le parc national de Gouraya est un maillon essentiel du réseau des réserves de biosphère en Algérie. Ce label international souligne la nécessité de protéger un massif boisé et un littoral de 12 kilomètres face à la Méditerranée. Si l'accès au site demeure gratuit pour le public, cette liberté d'usage s'accompagne d'une responsabilité collective : la préservation des sentiers et la gestion stricte des déchets sont indispensables pour éviter la dégradation d'un écosystème fragile qui a déjà subi des atteintes par le passé.
Patrimoine maritime et faune sauvage
Le Cap Carbon demeure le point d'intérêt majeur du parc, abritant un phare naturel culminant à 220 mètres au-dessus du niveau de la mer. Bien que l'édifice soit fermé au public en raison de sa fonction stratégique pour la navigation, le site offre un panorama unique sur la baie de Béjaïa. À proximité, le Pic des Singes permet d'observer les macaques de Berbérie dans leur habitat naturel. Les autorités rappellent toutefois l'importance de ne pas nourrir ces primates, dont le comportement peut être altéré par l'interaction humaine, afin de garantir la sécurité des visiteurs et la santé des animaux.
Valorisation scientifique et culturelle
Au-delà de ses sentiers de randonnée, comme ceux menant au fort de Gouraya ou à la crique des Aiguades, le parc investit dans la transmission des savoirs. Il abrite un écomusée dédié à l'artisanat et à l'agriculture locale, ainsi qu'un musée de géologie inauguré en 2003. Ce dernier, fruit d'une collaboration entre l'association Gehimab et le géologue Yves Bodeur, expose une collection riche de minéraux et de fossiles. Ces infrastructures, tournées vers le public scolaire et universitaire, renforcent la vocation pédagogique du parc, faisant de ce massif un lieu de recherche autant qu'un espace de détente pour les citoyens et les visiteurs de la diaspora.