Le pape Léon XIV a fait un pas vers la reconnaissance individuelle des victimes de violences physiques et sexuelles dans l'Église en organisant une rencontre privée à Lourdes.
Une rencontre personnelle avec le pape
Jean-Marie Delbos, ancien pensionnaire de Bétharram, sera l'un des sept victimes reçus par le pape Léon XIV le 27 septembre à Lourdes. Il compte partager son histoire personnelle et porter une revendication : la dissolution de la congrégation religieuse qui gérait l'établissement.
Delbos, âgé de 80 ans, fut le premier à médiatiser son cas en 2021, après la publication du rapport Sauvé, qui estimait à environ 330 000 le nombre de victimes mineures d'agressions au sein de l'Église depuis 1950. Il avait ensuite été indemnisé par la Commission Reconnaissance et réparation (CRR) en 2023.
La volonté du pape de favoriser les échanges
Cette rencontre privée s'inscrit dans la volonté du pape de favoriser les échanges interpersonnels, selon la Conférence des évêques de France (CEF). La CEF a reçu une quarantaine de demandes d'entretien, dont une douzaine de collectifs, pour cette rencontre.
Cependant, certains collectifs, comme celui de Bétharram, regrettent l'absence de parole collective. Alain Esquerre, porte-parole du collectif, dénonce le choix de victimes isolées, estimant que cela débranche le collectif.
La sélection des victimes
Philippe Legallais, représentant d'une association recensant plus de 300 victimes dans des établissements catholiques, accuse les évêques d'avoir sélectionné des victimes isolées. Il exprime sa déception et sa surprise face à l'absence de réponse à leur sollicitation.
La CEF assure que des membres de collectifs seront présents parmi les sept personnes reçues et que la rencontre sera représentative des parcours.
Cette rencontre privée du pape avec des victimes de violences sexuelles fait écho à une rencontre similaire en Espagne en juin, où le pape avait reçu six victimes, mais où des associations avaient déploré leur absence.