Le voyage apostolique du pape Léon XIV en Amérique du Sud, prévu du 6 au 17 novembre, marque une étape symbolique en Argentine. Cette visite, qui inclut une halte à la cathédrale de Buenos Aires, met en lumière l'absence prolongée de son prédécesseur, Jorge Bergoglio, qui n'est jamais revenu dans son pays natal au cours de ses douze années de pontificat.
L'ombre portée de Jorge Bergoglio
Depuis son départ pour le conclave en 2013, la figure de François demeure omniprésente dans la capitale argentine, notamment au sein de la cathédrale où il fut archevêque pendant quinze ans. Malgré cette empreinte indélébile, le pape argentin a maintenu une distance géographique avec son pays d'origine. Ce silence prolongé a suscité de nombreuses interrogations au sein de la société argentine, oscillant entre le regret d'un rendez-vous manqué et la compréhension des enjeux liés à sa fonction.
Le poids des divisions politiques
La question de l'instrumentalisation politique est au cœur des analyses sur ce non-retour. Certains observateurs et membres du clergé local estiment que François a cherché à éviter que sa présence ne soit récupérée par les antagonismes partisans qui fracturent le pays. Mgr José Garcia Cuerva a récemment évoqué une « dette » de la société argentine, suggérant que le pays n'a pas su préserver l'ancien archevêque des querelles internes, transformant chaque prise de parole papale en enjeu de politique nationale.
Une transition symbolique
Pour beaucoup d'Argentins, la venue de Léon XIV est perçue comme une forme de continuité. En se rendant à la cathédrale de Buenos Aires pour y présider les Vêpres, le souverain pontife effectue un geste fort, interprété par certains fidèles comme une manière de renouer le lien avec une nation marquée par la perte de son « pape argentin ». Si le contexte économique actuel, marqué par l'austérité, reste tendu, la visite de Léon XIV est attendue comme un moment de rassemblement, le pape étant perçu comme un continuateur de la fibre sociale imprimée par François au sein de l'Église.