Le Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC) a placé en détention 24 de ses membres, dont le commandant du commandement du Niger, suite à la mort de 37 personnes suspectées d’extraction minière illégale. Le corps a annoncé des mesures disciplinaires strictes et la mise en place d’une enquête indépendante pour établir les responsabilités.
Arrestation et suspension du commandement du Niger
Le NSCDC a présenté au quartier général d’Abuja le commandant suspendu du commandement du Niger, Subaru Siyaka Aniviye, ainsi que 23 autres officiers et agents. Initialement, 21 personnes avaient été identifiées, mais trois nouvelles suspensions ont été ajoutées, portant le total à 24. Parmi les officiers concernés figurent le chef du département Intelligence et Investigation, DCC Ajayi Philips, le chef des Opérations, DCC John Agrahau Chagwa, ainsi que plusieurs cadres supérieurs (DCC, ACC, CSC, DSC, ASCI, IC, CCA, CAI). Les deux DCC ont été cités pour « manque de supervision » dans leurs services respectifs.
Contexte des décès des mineurs illégaux
Les 37 victimes étaient des détenus arrêtés lors d’opérations anti‑extraction menées les 15 et 16 septembre 2026 dans les zones de M.I. Wushishi et Lukoto, au Niger. Les autorités du NSCDC avaient d’abord évoqué une possible épidémie comme cause de décès, précisant que les examens médicaux devaient confirmer la nature exacte des décès. Les mineurs, considérés comme illégaux, avaient été appréhendés dans le cadre d’une campagne visant à éradiquer l’exploitation minière non autorisée, source de conflits environnementaux et de pertes de recettes fiscales.
Mesures institutionnelles et promesses d’enquête
Le commandant général du NSCDC, le professeur Ahmed Abubakar Audi, a ordonné que le drapeau du corps soit mis en berne pendant trois jours, à compter du dimanche 20 septembre 2026, en signe de deuil collectif. Il a assuré que la procédure d’enquête respecterait les principes de transparence, de responsabilité et de respect des droits humains. Les 24 agents sont placés en garde protectrice au siège national d’Abuja, où ils subissent des interrogatoires rigoureux et des mesures disciplinaires administratives, afin d’être disponibles pour le Comité d’enquête indépendant présidé par le Président et pour d’autres commissions d’enquête.
Implications pour la gouvernance sécuritaire nigériane
En rappelant les valeurs d’intégrité, de professionnalisme et de respect de l’État de droit qui fondent le NSCDC, le commandant général a souligné que tout acte compromettant les droits fondamentaux des citoyens serait sanctionné sévèrement. Cette réaction vise à restaurer la confiance du public dans les forces de sécurité, à prévenir les abus de pouvoir et à garantir que les opérations de lutte contre l’exploitation minière illégale se déroulent dans le respect des procédures légales. Le NSCDC a promis de tenir la population informée des conclusions de l’enquête et de poursuivre les responsables devant la justice, renforçant ainsi la responsabilité institutionnelle dans le secteur de la sécurité intérieure.