Le New Patriotic Party (NPP) a annoncé son intention d'évaluer avec rigueur les nouvelles propositions gouvernementales concernant le processus de sélection des chefs des exécutifs métropolitains, municipaux et de district (MMDCE). Cette démarche se veut une rupture avec les blocages partisans observés par le passé, le parti affirmant privilégier le renforcement du système de décentralisation national plutôt que l'obstruction politique.
Une volonté de dépassement des clivages partisans
Haruna Mohammed, secrétaire général adjoint du NPP, a souligné que son parti n'adopterait pas une stratégie de sabotage face à cette réforme. Il a rappelé les tensions passées, accusant le National Democratic Congress (NDC) d'avoir délibérément fait échouer, sous la présidence de Nana Akufo-Addo, une tentative d'amendement constitutionnel visant à instaurer l'élection des MMDCE sur une base partisane. Selon le responsable du NPP, cette opposition systématique avait privé le pays d'une avancée majeure pour la gouvernance locale.
Le scepticisme sur la portée réelle des changements
Malgré cette ouverture, le NPP émet des réserves sur la substance de la réforme actuelle. Haruna Mohammed soutient que le mécanisme proposé, qui prévoit une présélection de cinq candidats suivie d'un entretien au sein de la fonction publique, ne modifie pas fondamentalement la structure du pouvoir. Il fait valoir que, dans ce schéma, le Président conserve une influence prépondérante sur le choix final, le processus d'entretien ne constituant qu'une simple formalité administrative sans transfert réel de souveraineté vers les citoyens.
Appel à une concertation nationale inclusive
Face à ces enjeux, le NPP plaide pour un débat national apaisé et dénué de calculs électoraux. Le parti insiste sur la nécessité d'impliquer l'ensemble des forces vives de la nation, notamment les syndicats et la société civile, afin de garantir que les réformes servent réellement les intérêts des citoyens. Pour le NPP, le système de gouvernance doit être pensé comme un outil au service du public, et non comme un simple terrain d'affrontement entre partis politiques. La formation politique assure qu'elle jugera la proposition gouvernementale à l'aune de sa capacité réelle à renforcer l'efficacité de l'administration décentralisée au Ghana.