Le New Patriotic Party (NPP), par la voix de l'ancien ministre des Finances Mohammed Amin Adam, exige une clarification immédiate sur la gestion financière du programme GoldBod. L'opposition pointe des incohérences comptables significatives entre les rapports des institutions nationales et les données du Fonds monétaire international (FMI).
Divergences comptables et réconciliation des chiffres
Au cœur de la controverse figure un écart majeur dans l'évaluation des pertes du programme. Alors que le FMI estime le coût économique de l'opération à environ 22 milliards de GH¢, la Banque du Ghana fait état d'une perte de 9,05 milliards de GH¢. Le député de Karaga réclame une réconciliation formelle entre la Banque centrale, le GoldBod et le ministère des Finances pour expliquer la corrélation entre ces montants, ainsi que la somme de 5,45 milliards de GH¢ mentionnée dans les comptes.
La nature des excédents financiers en question
Le NPP conteste également la présentation des résultats financiers du GoldBod pour l'année 2025. L'ancien ministre souligne qu'un excédent affiché de 5,45 milliards de GH¢ inclut, selon lui, 4,54 milliards de GH¢ provenant d'une injection de capital gouvernemental. Il insiste sur la nécessité de distinguer clairement les revenus opérationnels des apports de fonds publics, affirmant que le capital ne peut être comptabilisé comme un bénéfice commercial.
Conditions commerciales et manque à gagner
Le débat porte aussi sur la performance commerciale du programme dans un contexte de hausse historique des cours de l'or, qui ont progressé de 62,9 % en 2025. Malgré cette conjoncture favorable, le FMI estime que le programme a subi une perte de valeur de 17 % sur l'or vendu. Le NPP exige la divulgation des identités des acheteurs étrangers, des taux de remise appliqués et des conditions contractuelles ayant régi ces transactions.
Vers une enquête parlementaire
Face à ces zones d'ombre, le NPP soutient l'ouverture d'une enquête parlementaire, une motion ayant déjà été admise par le président du Parlement. Bien que le parti salue la décision de la Banque du Ghana de mettre fin au préfinancement des achats d'or à compter du 1er juillet 2026, il maintient que cette mesure corrective ne dispense pas les autorités de rendre des comptes sur les opérations passées.