La section locale du New Patriotic Party (NPP) à Techiman South a formellement contesté la détention prolongée de Salomey Awiti Baffoe, une infirmière et mère de famille. Cette affaire, qui dépasse le cadre individuel, cristallise désormais les tensions autour du respect des procédures judiciaires et de l'usage de la force publique au Ghana.
Les zones d'ombre d'une interpellation nocturne
Salomey Awiti Baffoe a été appréhendée à son domicile de Hansua dans la nuit du 13 septembre. Les circonstances de son arrestation ont suscité une vive inquiétude au sein de sa famille et de sa formation politique, notamment en raison de la difficulté initiale à localiser la détenue. Les autorités policières justifient cette mesure par des accusations liées à la diffusion de fausses informations et à une implication présumée dans la redistribution de contenus associés au compte « Ghana Jollof ». L'infirmière, qui a plaidé non coupable, a été placée en détention provisoire jusqu'au 30 septembre par le tribunal d'Adentan, une juridiction située loin de son lieu de résidence.
Neuf questions sur l'exercice du pouvoir d'État
Lors d'une conférence de presse, les responsables du NPP à Techiman South ont exprimé leur refus de voir la détention provisoire utilisée comme une forme de sanction anticipée. Le parti a formulé une série de neuf interrogations exigeant des éclaircissements sur la chaîne de commandement ayant autorisé l'opération, la légalité de l'intervention nocturne et les critères justifiant le maintien en détention. Pour les cadres du parti, dont le député Martin Adjei-Mensah Korsah, ces éléments soulèvent des enjeux fondamentaux sur la protection des droits constitutionnels des citoyens face à l'appareil sécuritaire.
Un précédent pour les libertés civiles
Au-delà du cas spécifique de Mme Baffoe, le NPP a tenu à souligner la portée symbolique de cette affaire. Le porte-parole du parti, Mohammad Mukarram Abdallah, a mis en garde contre un risque de normalisation de l'intimidation envers toute personne exprimant une opinion divergente, qu'il s'agisse de professionnels de santé, de journalistes ou de citoyens ordinaires. Le parti insiste sur le fait que l'arrestation ne doit pas être confondue avec une condamnation et appelle les autorités, dont le procureur général et le ministre de la Sécurité nationale, à garantir un traitement équitable et transparent.
Exigences de transparence et de procédure
Le NPP réclame désormais une révision immédiate de la situation de l'infirmière, incluant l'octroi d'une liberté sous caution raisonnable. Les revendications portent également sur une clarification du rôle des services de sécurité dans cette procédure et sur l'assurance que les droits fondamentaux de la prévenue seront respectés. Le parti a réaffirmé sa volonté de poursuivre la mobilisation, considérant que le silence face à cette situation constituerait un recul pour les libertés publiques dans la circonscription et, par extension, dans le pays.