Le New Patriotic Party (NPP), principale formation d'opposition au Ghana, a vivement critiqué le juge en chef, Justice Baffoe-Bonnie, l'accusant de compromettre l'impartialité de l'institution judiciaire. Cette controverse fait suite à des déclarations publiques du magistrat, perçues par le parti comme un alignement politique avec l'agenda du président John Dramani Mahama.
Des propos jugés partisans lors de visites officielles
La polémique a été déclenchée par des commentaires tenus par le juge en chef lors de visites au Minerals Income Investment Fund (MIIF) et au Social Security and National Insurance Trust (SSNIT) le 2 septembre. En saluant les performances actuelles de ces institutions, le magistrat a publiquement interrogé le bilan des huit années précédentes, comparant la gestion passée à une période où le pays aurait « sombré ». Pour le NPP, ces déclarations dépassent le cadre de la courtoisie institutionnelle et suggèrent une adhésion aux objectifs politiques de l'exécutif en place.
La crainte d'une justice instrumentalisée
Le NPP exprime une inquiétude profonde quant à la séparation des pouvoirs. Le parti lie ces prises de position à l'initiative gouvernementale « Operation Recover All Loot » (ORAL), qui a conduit à des poursuites judiciaires contre plusieurs membres de l'opposition. Selon le parti, ces actions, couplées aux déclarations du juge en chef, renforcent l'idée que le pouvoir judiciaire pourrait servir d'instrument pour servir les intérêts de la présidence, connue sous le nom de Jubilee House.
Des griefs sur l'équité des procédures
Au-delà des discours, le NPP pointe du doigt ce qu'il qualifie de « justice à deux vitesses ». Le parti cite notamment l'incarcération de son président régional de l'Ashanti, Bernard Antwi Boasiako, et l'émission de mandats de vacances comme preuves d'un traitement inégal. L'opposition affirme que les procédures judiciaires semblent accélérées lorsqu'elles visent des adversaires politiques, tout en restant au point mort pour les proches du gouvernement.
La réponse annoncée de l'opposition
Face à ce qu'il considère comme une dérive, le NPP a réaffirmé que le serment d'un juge est prêté à la Constitution et non à un président ou à un agenda partisan. Le parti a annoncé son intention de présenter prochainement un dossier complet détaillant les agissements du juge en chef lors d'une conférence de presse. Cette démarche vise à contester toute tentative de transformer les tribunaux en outils de persécution politique, tout en maintenant la pression sur l'indépendance de la magistrature ghanéenne.