Tesla a ouvert les réservations pour son nouveau Roadster, promettant des performances inédites, incluant une version capable de décoller. Toutefois, la réalité juridique européenne impose des obstacles majeurs à la circulation de ces véhicules sur la voie publique, rendant l'usage de certains modèles hautement improbable en France.
L'impératif de l'homologation européenne
À ce jour, aucune variante du futur Roadster n'est autorisée à circuler sur les routes européennes. Le constructeur n'a entamé aucune procédure d'homologation, étape pourtant indispensable pour obtenir une carte grise. En vertu du règlement européen 2018/858, chaque véhicule doit répondre à des normes strictes de sécurité et de protection des piétons. L'exemple du Cybertruck, toujours absent du marché européen, illustre la complexité pour Tesla d'adapter ses modèles aux exigences du Vieux Continent.
Le modèle Performance comme seule option viable
Parmi les trois versions annoncées, seule la déclinaison « Performance » semble avoir une chance d'être commercialisée en Europe. Dépourvue de propulseurs, elle pourrait théoriquement se conformer aux standards automobiles classiques. Tesla pourrait envisager de solliciter une homologation pour « petites séries », un dispositif européen plafonné à 1 500 unités, permettant de contourner certaines contraintes techniques tout en restant dans un cadre légal défini.
Le flou juridique des versions technologiques
Les versions « Thrust » et « Rocket » soulèvent des questions inédites. La première, équipée de propulseurs à air comprimé, ne dispose d'aucun cadre réglementaire actuel, bien que l'article 39 du droit européen permette des dérogations pour les nouvelles technologies sous réserve de preuves de sécurité. La version « Rocket », capable de s'élever dans les airs, se trouve dans une zone grise : le droit français définit largement l'aéronef comme tout appareil capable de s'élever, tandis que le droit européen se concentre sur la sustentation par l'air. Si le Roadster était classé comme aéronef, son usage nécessiterait une certification complexe de la part de l'aviation civile, rendant son utilisation sur route ou même sur circuit extrêmement incertaine.