La fixation du nouveau prix d'achat du cacao au Ghana pour la saison 2026/2027 cristallise les tensions politiques. Alors que le Ghana Cocoa Board (COCOBOD) a officialisé un tarif de 42 400 GH¢ la tonne, soit 2 650 GH¢ par sac de 64 kg, cette revalorisation est vivement contestée par l'opposition parlementaire qui y voit un manque de considération pour les revenus des producteurs.
Une hausse jugée dérisoire par l'opposition
Le nouveau tarif, entré en vigueur le 25 septembre, marque une progression de 1 008 GH¢ par tonne par rapport au prix de la saison précédente, fixé à 41 392 GH¢. Frank Annoh-Dompreh, chef du groupe parlementaire minoritaire, a qualifié cette augmentation de décevante. Pour l'élu, cette décision illustre une gestion défaillante qui, selon lui, fragilise non seulement les cacaoculteurs, mais également l'ensemble des filières agricoles, incluant le riz, le maïs et l'igname.
Le cadre légal de la nouvelle tarification
Cette annonce intervient dans un contexte de restructuration profonde du secteur, encadrée par le Ghana Cocoa Board Act de 2026. Cette législation impose désormais que les planteurs perçoivent au moins 70 % de la valeur brute du cacao à l'exportation (Free-On-Board). Le COCOBOD précise que le prix actuel correspond à 71,18 % de cette valeur. Le directeur général de l'institution, le Dr Randy Abbey, a souligné que ce chiffre est le résultat de consultations avec les acteurs de la filière, incluant les entreprises d'achat agréées, les transformateurs et les représentants des agriculteurs.
Défis structurels et durabilité de la filière
Au-delà de la question du prix, le COCOBOD mise sur des programmes de soutien pour alléger les charges des producteurs. La distribution gratuite d'engrais et de plants hybrides, ainsi que le programme de lutte contre les maladies et les ravageurs, demeurent des piliers de la stratégie nationale. Parallèlement, le pays déploie le système national de traçabilité du cacao, une mesure indispensable pour répondre aux nouvelles exigences des marchés internationaux.
Un équilibre financier sous haute surveillance
La volatilité des cours mondiaux et les contraintes de liquidité avaient déjà contraint le gouvernement à réviser à la baisse le prix initial de la saison 2025/2026. Si le COCOBOD se réserve la possibilité d'ajuster le prix en fonction de l'évolution des conditions de marché, la grogne politique actuelle souligne la difficulté de concilier les impératifs de viabilité financière de l'institution avec les attentes légitimes des agriculteurs en matière de pouvoir d'achat.