Lors de son investiture le 18 septembre, Frank Adu Jnr, nouveau chancelier de l'African University of Communications and Business (AUCB), a présenté une feuille de route ambitieuse visant à aligner l'université sur les exigences d'une économie numérique et à renforcer ses liens avec le secteur privé.
Digitalisation du curriculum et des services universitaires
Le chancelier a souligné que les avancées en intelligence artificielle, en analyse de données et en technologies numériques doivent être intégrées à tous les programmes, plutôt que confinées à des cours isolés. Selon lui, chaque diplômé doit maîtriser les outils numériques, interpréter les données, communiquer de façon responsable et appliquer la technologie à des problématiques complexes. Au même titre, il a appelé à la digitalisation complète du parcours étudiant, de l'admission à la remise des diplômes, afin d'éviter que l'enseignement se déroule encore en mode analogique.
Un modèle pédagogique ancré dans l'industrie
Adu propose de créer une « faculté de praticiens » composée de chefs d’entreprise et d’entrepreneurs expérimentés, qui collaboreraient avec les enseignants pour co‑concevoir les cours. Il souhaite également développer des chaires académiques associant chercheurs et acteurs économiques afin de produire des solutions concrètes aux défis du continent. L’utilisation accrue d’études de cas africaines, notamment celles des PME, doit permettre aux étudiants de se familiariser avec les réalités locales et d’acquérir une vision pragmatique du marché.
Éthique, alumni et pérennité financière comme piliers stratégiques
Le chancelier a mis en avant la nécessité d’inscrire le leadership éthique au cœur de la philosophie de l’AUCB, dénonçant la désinformation et les discours superficiels qui minent le débat public. Il envisage également de renforcer le réseau des anciens élèves, les mobilisant comme mentors, bailleurs de fonds, partenaires de recherche et facilitateurs d’opportunités professionnelles. Enfin, il a rappelé que la viabilité financière de l’institution dépendra d’une coopération étroite entre actionnaires, conseil d’administration, direction, alumni et partenaires externes, afin de soutenir les ambitions de transformation numérique et d’ancrage industriel de l’université.