Plus de 80 personnes, majoritairement des femmes, ont été capturées lors de deux incursions distinctes menées par des gangs armés dans les États du Niger et de Zamfara. Ces enlèvements de masse, caractéristiques de l'insécurité chronique qui frappe les zones rurales du nord du Nigeria, soulignent la vulnérabilité persistante des communautés agricoles face aux groupes criminels.
Des raids coordonnés dans les États du Niger et de Zamfara
Le cycle de violence a débuté samedi dans l'État du Niger, où au moins 47 agriculteurs ont été capturés alors qu'ils travaillaient dans leurs champs d'arachides, dans la zone de gouvernement local de Mariga. Selon des rapports sécuritaires, les assaillants, circulant sur une cinquantaine de motos, ont convergé vers la forêt de Ma'undu. Le lendemain, une seconde opération d'envergure a visé l'État voisin de Zamfara. À Yargada, dans la circonscription de Gusau, une quarantaine de femmes ont été enlevées, bien que des témoignages locaux suggèrent que le nombre total de victimes, incluant des enfants, pourrait être nettement plus élevé.
Un mode opératoire marqué par la terreur et les représailles
Ces groupes armés, souvent désignés localement sous le terme de « bandits », spécialisés dans le vol de bétail et les enlèvements contre rançon, ont intensifié leurs méthodes. Au-delà des captures, les assaillants ont procédé à l'incendie systématique de maisons et de véhicules dans plusieurs localités, dont Magama Mairake et Maikogo. Selon des résidents ayant fui les zones de conflit, ces attaques seraient motivées par une logique de représailles suite à l'élimination de plusieurs membres de ces gangs par des milices locales d'autodéfense.
Une crise sécuritaire aux conséquences humanitaires lourdes
La situation demeure instable dans les zones touchées, où les pillages et les destructions se poursuivent. À ce jour, aucune revendication ni demande de rançon n'a été officiellement formulée pour les captifs de l'État du Niger. L'ampleur des déplacements de populations, contraintes de fuir vers des centres urbains comme Magami pour échapper aux raids, témoigne de la dégradation rapide des conditions de vie dans ces régions. L'incertitude sur le bilan définitif des victimes reste totale, les observateurs locaux soulignant qu'une évaluation précise ne sera possible qu'après le retrait complet des groupes armés des villages sinistrés.