Le dernier baromètre publié par l'Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) dresse un bilan alarmant de la situation des mineurs en France. Malgré l'objectif gouvernemental de « zéro enfant à la rue », le nombre de jeunes sans solution d'hébergement continue de progresser, atteignant des sommets préoccupants.
Une hausse de 42 % en quatre ans
Les chiffres révélés ce 26 août sont sans appel : au moins 2 355 enfants, dont 514 âgés de moins de trois ans, se sont retrouvés sans solution après avoir sollicité le 115, le numéro d'urgence dédié aux sans-abri. Cette donnée marque une augmentation de 42 % par rapport à 2022, année où le gouvernement avait pourtant réaffirmé sa volonté politique d'éradiquer le sans-abrisme infantile. Les associations précisent que ce bilan est une estimation basse, excluant les mineurs non accompagnés, les familles vivant en squats ou en bidonvilles, ainsi que celles ayant renoncé à contacter les services d'urgence.
Les conséquences sanitaires et sociales
L'impact de cette précarité extrême sur le développement des mineurs est jugé dramatique par les acteurs de terrain. L'exposition prolongée à la rue entraîne une dégradation rapide de la santé physique et mentale, un isolement social accru et des obstacles majeurs à la scolarisation. La gravité de la situation a été soulignée par le décès de 26 enfants et adolescents en situation de rue au cours de l'année 2025. Ces drames illustrent l'urgence d'une réponse structurelle face à une détresse qui touche les plus vulnérables.
Déficit de pilotage et sous-budgétisation
Le système d'hébergement d'urgence français fait face à des critiques structurelles. Un rapport d'inspections générales, publié en juillet 2025, pointe une sous-budgétisation chronique et un manque de pilotage efficace du dispositif. Face à ce constat, l'Unicef et la FAS appellent à un changement de paradigme, préconisant notamment une production massive de logements sociaux. À l'approche de l'échéance électorale de 2027, les organisations demandent que la protection des enfants devienne une priorité absolue des politiques publiques du logement, afin de transformer les engagements politiques en résultats concrets sur le terrain.