Le New Nigeria Peoples Party (NNPP) a déposé une plainte devant la Haute Cour fédérale d'Abuja visant l'Independent National Electoral Commission (INEC) ainsi que 45 législateurs. Le parti conteste la légalité du changement d'affiliation politique de ces élus, qui occupent toujours leurs sièges au sein de l'Assemblée nationale et de l'Assemblée de l'État de Kano après avoir rejoint d'autres formations.
Un contentieux sur la validité des mandats
La procédure judiciaire initiée par le NNPP s'appuie sur une interprétation stricte des dispositions constitutionnelles régissant la défection des élus. Le parti soutient que ces 45 législateurs, élus sous sa bannière lors du scrutin de 2023 pour un mandat s'étendant jusqu'en 2027, ont quitté ses rangs sans respecter les procédures internes obligatoires. Selon le NNPP, ces changements d'allégeance n'ont fait l'objet d'aucune clearance de la part de son conseil d'administration, violant ainsi ses statuts internes.
L'implication de l'organe électoral
Au cœur de la plainte figure également le rôle de l'INEC. Le NNPP accuse l'institution d'avoir enregistré certains de ces élus comme candidats pour d'autres partis en vue des élections générales de 2027, alors même que leurs noms figurent toujours dans le registre des membres du NNPP. Le parti avait préalablement alerté l'autorité électorale par courrier le 19 octobre, exigeant une enquête sur les conditions de ces départs. Le fondateur du NNPP, Boniface Aniebonam, a par ailleurs mis en garde contre toute tentative de falsification ou d'antidatage des documents de démission, qualifiant de telles pratiques d'actes criminels.
Vers une possible vacance des sièges
L'enjeu de cette action en justice est de déterminer si les conditions constitutionnelles permettant à un élu de changer de parti sans perdre son siège sont réunies. En s'appuyant sur des jurisprudences antérieures, le NNPP demande aux autorités législatives compétentes de déclarer les sièges concernés vacants, ouvrant ainsi la voie à l'organisation d'élections partielles. Cette affaire constitue un test majeur pour la stabilité des mandats électifs au Nigeria, alors que les manœuvres politiques s'intensifient à l'approche du cycle électoral de 2027.