L'agence de notation Fitch a révisé à la hausse la perspective de crédit du Nigeria, passant de « stable » à « positive », tout en maintenant la note souveraine à « B ». Cette décision souligne les progrès réalisés par Abuja dans la stabilisation de son marché des changes et la mise en œuvre de réformes structurelles visant à renforcer sa position extérieure.
Une dynamique de change renforcée
Le gouvernement nigérian attribue cette amélioration à une gestion plus rigoureuse des flux financiers. Les réserves de change brutes ont connu une progression notable, atteignant 54,9 milliards de dollars en septembre 2026, contre 32 milliards en avril 2024. Cette accumulation est le fruit d'une formalisation accrue des transactions de change, d'une hausse des exportations et d'un dynamisme soutenu des transferts de fonds. Fitch anticipe désormais un excédent de la balance courante équivalent à 6,4 % du PIB pour l'année 2026.
Croissance portée par le secteur non pétrolier
L'économie nigériane affiche une trajectoire de croissance ascendante, avec une prévision de 4,3 % pour 2026, portée principalement par les activités hors hydrocarbures. Cette tendance se confirme par les chiffres du Bureau national des statistiques, qui a enregistré une croissance de 4,43 % au deuxième trimestre 2026. Parallèlement, l'inflation montre des signes de ralentissement, s'établissant à 15,39 % en août 2026, une tendance que Fitch prévoit de voir se poursuivre avec une moyenne annuelle estimée à 15,4 %.
Gestion de la dette et défis structurels
Sur le plan budgétaire, le Nigeria maintient un ratio de dette publique modéré, projeté à 32 % du PIB entre 2026 et 2028, un niveau inférieur à la médiane des pays notés « B ». Le secteur bancaire affiche également une solidité renforcée, avec des ratios de solvabilité dépassant les 20 % pour de nombreux établissements. Toutefois, l'agence de notation pointe des points de vigilance : le poids des intérêts de la dette dans les recettes publiques reste élevé et l'inflation demeure supérieure à celle des pays comparables.
Vers une ambition d'investissement
Cette révision par Fitch s'inscrit dans une séquence de réévaluations positives, après les décisions similaires de S&P Global et de Moody's plus tôt dans l'année. Le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, a réaffirmé la volonté de l'exécutif de poursuivre les réformes fiscales et la gouvernance budgétaire. L'objectif à moyen terme demeure l'obtention d'un statut « investment-grade », avec pour finalité concrète la création d'emplois, le renforcement de la sécurité alimentaire et le soutien aux petites entreprises.