Le département d'État américain a placé le Nigeria sur une liste de 14 pays susceptibles de subir des coupes dans leur assistance militaire dès octobre 2026. Cette décision fait suite à la persistance du recrutement et de l'utilisation d'enfants soldats par des groupes armés opérant sur le territoire nigérian.
L'impact du Child Soldiers Prevention Act
En intégrant le Nigeria à la liste établie dans le cadre du Child Soldiers Prevention Act (CSPA), Washington impose un cadre restrictif sur la coopération sécuritaire. À compter du 1er octobre 2026, et pour toute l'année fiscale en cours, le Nigeria pourrait se voir privé de programmes de formation militaire internationale, de financements militaires étrangers et de ventes d'équipements de défense. Ces mesures visent à faire pression sur les gouvernements pour qu'ils intensifient leurs efforts contre l'exploitation des mineurs dans les conflits armés, bien que des dérogations présidentielles restent techniquement possibles.
L'emprise des groupes terroristes sur la jeunesse
Le rapport pointe directement la responsabilité de Boko Haram et de l'ISWAP dans l'enrôlement forcé d'enfants, parfois dès l'âge de 12 ans. Ces mineurs sont utilisés dans des rôles variés, allant de la logistique — cuisiniers, espions ou messagers — à des fonctions de combattants armés ou de kamikazes. Au-delà du recrutement militaire, le document souligne une exploitation généralisée des femmes et des filles, victimes de mariages forcés et d'esclavage sexuel, ainsi que l'implication de gangs criminels dans le sud du pays qui exploitent des enfants pour des activités illicites.
La question de la complicité officielle
Au-delà de la menace sur l'aide militaire, le rapport souligne une stagnation préoccupante dans la lutte contre le trafic d'êtres humains, le Nigeria n'ayant pas atteint les normes minimales requises pour la quinzième année consécutive. Les autorités américaines expriment une inquiétude particulière concernant la corruption et l'absence de poursuites judiciaires contre des responsables publics suspectés de complicité dans des réseaux de traite. Le manque de transparence sur les enquêtes menées contre des agents de l'État reste, selon Washington, un obstacle majeur à la résolution durable de ces enjeux sécuritaires et humanitaires.