Le Nigeria sommé de justifier la disparition de 78,8 milliards de nairas destinés aux ménages vulnérables

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 39 lectures
Le Nigeria sommé de justifier la disparition de 78,8 milliards de nairas destinés aux ménages vulnérables

L'organisation Socio-Economic Rights and Accountability Project (SERAP) a formellement interpellé le président nigérian Bola Tinubu concernant la gestion de 78,8 milliards de nairas alloués aux programmes de transferts monétaires. Cette demande intervient à la suite du rapport 2024 de l'Auditeur général de la Fédération, qui pointe des irrégularités financières massives au sein du ministère des Affaires humanitaires et des agences de protection sociale.

Des défaillances systémiques dans les transferts sociaux

Le rapport de l'Auditeur général, couvrant les exercices 2023 et 2024, met en lumière l'absence de preuves tangibles confirmant que les fonds ont atteint les bénéficiaires ciblés. Plus de 33,7 milliards de nairas ont été distribués à plus de 3 millions de ménages sans que les documents de paiement, tels que les relevés REMITA, ne soient fournis pour authentifier ces transactions. Cette opacité soulève des questions fondamentales sur l'intégrité du système de protection sociale nigérian, censé soutenir les populations les plus précaires.

Des dépenses sans justificatifs et des procédures contournées

L'audit révèle une série de manquements aux règles de comptabilité publique. Le National Cash Transfer Office (NCTO) et le National Social Safety Nets Coordinating Office (NASSCO) auraient effectué des paiements totalisant plusieurs dizaines de milliards de nairas sans audit préalable, une pratique contraire aux règlements financiers en vigueur. Des fonds ont été décaissés pour des achats de matériel non livrés, des services informatiques sans autorisation technique, ou encore des remboursements de frais de personnel sans justificatifs nominatifs. Ces irrégularités suggèrent un risque élevé de détournement de fonds publics.

Exigences de transparence et menaces juridiques

Face à ces révélations, le SERAP demande au chef de l'État d'ordonner une enquête approfondie par les agences anti-corruption et de publier un registre complet et vérifiable des bénéficiaires. L'organisation insiste sur la nécessité de recouvrer les sommes indûment dépensées et de traduire en justice les responsables, quel que soit leur rang. Le SERAP a fixé un ultimatum de sept jours au gouvernement pour engager ces mesures correctives. À défaut, l'organisation menace de porter l'affaire devant la Cour de justice de la CEDEAO et les instances de contrôle de la Banque mondiale, invoquant le droit des citoyens nigérians à la transparence et à la bonne gouvernance.

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