La Commission fédérale de la concurrence et de la protection des consommateurs (FCCPC) a ordonné la fermeture de plusieurs unités de production au Nigeria. Cette décision fait suite à une enquête révélant que des produits de consommation courante, notamment l'huile végétale et le sel, ne respectent pas les seuils obligatoires de micronutriments destinés à lutter contre les carences nutritionnelles.
Des carences révélées par une étude nationale
L'enquête, menée sur deux mois en collaboration avec l'Alliance mondiale pour une nutrition améliorée (GAIN), a porté sur 200 échantillons prélevés dans les marchés et les foyers à travers le pays. Les analyses en laboratoire ont mis en évidence que 12 % des échantillons d'huile végétale et 2 % des échantillons de sel présentaient des taux insuffisants en vitamines et minéraux essentiels, tels que la vitamine A, le fer, l'acide folique, le zinc et l'iode. Ces nutriments sont pourtant au cœur d'une politique publique obligatoire visant à améliorer la santé des populations.
Faiblesse du suivi et de la traçabilité numérique
Au-delà de la composition des produits, l'investigation a souligné un manque criant de transparence dans la chaîne d'approvisionnement. Le système de traçabilité numérique mis en place par GAIN est largement ignoré par les industriels : seuls six fabricants d'huile végétale se sont inscrits sur la plateforme dédiée, et les données de contrôle qualité y sont très peu renseignées. Cette opacité complique la surveillance des produits, qu'ils soient de marque ou vendus sans étiquetage, ces derniers représentant près de la moitié des échantillons d'huile analysés.
Vers un renforcement des contrôles réglementaires
Tunji Bello, vice-président exécutif de la FCCPC, a insisté sur le fait que la protection des consommateurs ne se limite pas à la résolution de litiges commerciaux, mais englobe la garantie de la valeur nutritionnelle promise. Face à ces manquements, des directives de mise en conformité ont été transmises aux entreprises concernées. Par ailleurs, les résultats de cette étude ont été officiellement transférés à l'Agence nationale pour l'administration et le contrôle des aliments et des médicaments (NAFDAC). Cette collaboration inter-agences devrait permettre d'intensifier les mesures réglementaires pour s'assurer que chaque lot mis sur le marché répond aux normes de sécurité et de santé publique en vigueur.