Le Nigeria renforce son dispositif anti-blanchiment pour anticiper l'évaluation du GAFI de 2027

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 13 lectures
Le Nigeria renforce son dispositif anti-blanchiment pour anticiper l'évaluation du GAFI de 2027

Un an après sa sortie de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI), le Nigeria engage une phase de consolidation stratégique. L'Economic and Financial Crimes Commission (EFCC) et la Nigerian Financial Intelligence Unit (NFIU) ont entamé un audit de trois jours à Abuja pour évaluer leur état de préparation en vue de l'évaluation mutuelle prévue en 2027.

Un audit pour éviter le retour sur la liste grise

L'enjeu est de taille pour le pays : éviter à tout prix une réinscription sur la liste grise, synonyme de surveillance accrue et de freins aux investissements étrangers. Le président de l'EFCC, Ola Olukoyede, a souligné que cet exercice de « stocktake » ne répond pas à une situation de crise, mais à une volonté de maintenir les standards internationaux. L'objectif est d'identifier les lacunes persistantes dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, tout en renforçant la coopération inter-agences.

Au-delà de la conformité législative

Si le Nigeria a été retiré de la liste grise en octobre 2025 grâce à des progrès notables dans ses cadres réglementaires, les évaluateurs internationaux de 2027 se montreront plus exigeants. La directrice générale de la NFIU, Hafsat Abubakar Bakari, a insisté sur le fait que les experts du GAFI ne se contenteront pas d'examiner les lois en vigueur. Ils mesureront l'efficacité réelle des dispositifs : la capacité du pays à produire des résultats concrets, tels que le nombre d'enquêtes abouties, les poursuites judiciaires effectives et la gestion rigoureuse des actifs recouvrés.

Priorités opérationnelles pour 2027

Les discussions techniques, menées par les responsables de l'EFCC et de la NFIU, se concentrent sur l'utilisation concrète du renseignement financier et la traçabilité des flux illicites. Mohammed Shahid Ahmed, chef de cabinet à la NFIU, a rappelé que les lacunes identifiées lors de l'évaluation de 2019 avaient conduit le pays vers la liste grise. Pour éviter ce scénario, les autorités nigérianes doivent désormais démontrer que leurs agences priorisent les enquêtes basées sur les risques identifiés et que la collaboration transfrontalière, notamment sur les déclarations de devises, est devenue une routine opérationnelle robuste.

La gestion des actifs comme levier de preuve

L'EFCC mise également sur l'application de la loi sur le recouvrement et la gestion des actifs de 2022 pour prouver sa détermination. Depuis la sortie de la liste grise, l'agence a intensifié ses activités d'exécution, transformant les saisies de produits du crime en indicateurs de performance. Ce suivi rigoureux des résultats financiers est désormais au cœur de la stratégie nigériane pour convaincre les évaluateurs de la pérennité de ses réformes institutionnelles.

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