Face à la recrudescence des infractions numériques, l'Inspecteur général de la police nigériane, Olatunji Disu, a lancé une mise en garde solennelle sur les risques juridiques liés aux activités en ligne. Lors de la campagne de sensibilisation 2026 du Centre national de lutte contre la cybercriminalité, il a rappelé que de nombreux citoyens basculent dans l'illégalité par méconnaissance des conséquences de leurs gestes quotidiens.
Les pratiques numériques sous surveillance judiciaire
L'autorité policière a identifié sept comportements spécifiques susceptibles d'entraîner des poursuites pénales en vertu de la loi sur la cybercriminalité de 2015. Parmi ces infractions figurent l'accès non autorisé à des comptes privés, l'usurpation d'identité, le cyberharcèlement et la diffusion de fausses informations. Le partage d'images intimes sans consentement ainsi que la complicité dans des fraudes financières, notamment par le prêt de comptes bancaires ou de cartes SIM à des tiers, sont également strictement prohibés. Le chef de la police a insisté sur le fait que l'ignorance de la loi ne constitue pas une défense valable devant les tribunaux.
Un appel à la vigilance des institutions financières
Au-delà des comportements individuels, la police nigériane exhorte les banques, les entreprises de technologie financière et les opérateurs de télécommunications à renforcer leurs contrôles internes. L'objectif est de prévenir les menaces internes, qu'elles résultent de négligences, d'abus de privilèges ou de collusion. Les organisations sont invitées à durcir leurs protocoles de vérification, à auditer régulièrement les accès sensibles et à surveiller les transactions suspectes. Cette démarche vise à sécuriser l'écosystème numérique national, devenu un pilier central de l'économie et de la sécurité publique.
Vers une stratégie de cybersécurité proactive
Le commandement policier préconise un changement de paradigme : passer d'une approche réactive à une anticipation des menaces. Cette stratégie repose sur l'exploitation de renseignements, l'analyse forensique et une coopération accrue entre les agences gouvernementales, le secteur privé et la société civile. Pour les jeunes Nigérians, le message est clair : les compétences numériques doivent être orientées vers des carrières légitimes, telles que le développement logiciel ou la cybersécurité, plutôt que vers des activités criminelles qui compromettent durablement leur avenir. La police encourage par ailleurs les victimes de cyberharcèlement ou de fraude à signaler systématiquement les incidents pour faciliter le démantèlement des réseaux criminels.