Le Nigeria a obtenu gain de cause devant la Chambre de commerce internationale (ICC) de Paris, mettant fin à un litige de longue date qui entravait le développement du projet hydroélectrique de Mambilla. Cette décision arbitrale rejette les réclamations financières massives de la société Sunrise Power and Transmission Company Ltd, ouvrant ainsi la voie à la relance de ce chantier stratégique de 3 960 MW.
Un rejet des prétentions financières de Sunrise Power
Le tribunal arbitral de l'ICC a débouté Sunrise Power et son promoteur, Leno Adesanya, de leurs demandes d'indemnisation qui s'élevaient à plusieurs milliards de dollars. La juridiction a invalidé les arguments de la société concernant une prétendue rupture de contrat liée à un accord de 2003, initialement non autorisé par le Conseil exécutif fédéral. En plus de rejeter les réclamations, le tribunal a condamné Sunrise et son promoteur à rembourser 75 % des frais de justice engagés par l'État nigérian, soit environ 11,8 millions de dollars, assortis d'un intérêt annuel de 10 %.
La levée d'un verrou juridique majeur
Le projet Mambilla, situé dans l'État de Taraba, était paralysé depuis plus de deux décennies par des batailles judiciaires complexes. Le président Bola Tinubu a qualifié cette sentence arbitrale de « plus grand obstacle juridique » levé pour ce projet d'infrastructure énergétique. La décision souligne également la responsabilité personnelle de Leno Adesanya dans la conduite de cette procédure, qualifiée par les autorités nigérianes de tentative d'exploitation prédatrice des ressources publiques.
Une stratégie de défense coordonnée
La victoire du Nigeria est le fruit d'une mobilisation interministérielle et institutionnelle. Le ministère de la Justice, appuyé par le Bureau du conseiller à la sécurité nationale et la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), a orchestré une défense rigoureuse. Le dossier a bénéficié des témoignages d'anciens chefs d'État, dont Olusegun Obasanjo et le regretté Muhammadu Buhari, ainsi que d'anciens ministres, renforçant la position de l'État sur l'illégalité du contrat initial de 2003.
Perspectives pour le secteur énergétique
Si cette décision clarifie le paysage juridique, elle marque surtout une volonté politique affirmée de protéger les intérêts nationaux face aux contentieux opportunistes. Le gouvernement nigérian a réitéré son engagement à collaborer avec des investisseurs jugés crédibles, tout en affirmant sa détermination à défendre les finances publiques contre les réclamations jugées abusives. La résolution de ce litige constitue une étape préalable indispensable avant toute nouvelle phase de développement opérationnel du complexe hydroélectrique de Mambilla.