Le Nigeria réforme sa fiscalité locale pour stimuler les revenus et alléger la pression sur les ménages

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 4 lectures
Le Nigeria réforme sa fiscalité locale pour stimuler les revenus et alléger la pression sur les ménages

Le Nigeria amorce une transformation significative de son système fiscal sous-national. Au cours du premier semestre 2026, vingt-trois États ont vu leurs recettes fiscales progresser de 27 %, atteignant 2 200 milliards de nairas, contre 1 750 milliards sur la même période en 2025.

Cette performance, portée par le Joint Revenue Board (JRB), s'inscrit dans une stratégie visant à élargir l'assiette fiscale tout en protégeant le pouvoir d'achat des citoyens les plus vulnérables. Selon les autorités, cette dynamique ne résulte pas d'une hausse des taux, mais d'une administration plus rigoureuse et d'une meilleure capacité à solliciter les contribuables à hauts revenus.

Harmonisation des prélèvements locaux

L'un des piliers de cette réforme est la lutte contre la multiplicité des taxes, un frein majeur pour les entreprises et les particuliers. À ce jour, 21 États ont adopté un modèle législatif harmonisé qui consolide plus d'une centaine de taxes et redevances disparates en seulement neuf catégories. Cette simplification vise à rendre le système plus lisible et à réduire les coûts de conformité pour les acteurs économiques, tout en limitant les chevauchements entre les différentes autorités locales.

Protection des revenus modestes

Le nouveau régime fiscal, effectif depuis le 1er janvier 2026, introduit une structure progressive de l'impôt sur le revenu. Les 800 000 premiers nairas de revenu annuel imposable sont désormais exonérés, une mesure qui, selon le JRB, permet à 92 % des contribuables dans les États concernés de payer moins d'impôts, voire d'en être totalement exemptés. L'objectif affiché par les autorités est de « taxer la prospérité et non la pauvreté », en concentrant l'effort contributif sur les tranches de revenus les plus élevées, dont le taux peut atteindre 25 % au-delà de 50 millions de nairas.

Lutte contre les collectes illégales

Au-delà de la réforme législative, le JRB s'attaque aux pratiques informelles qui pèsent sur l'économie réelle, notamment les collectes illégales sur les axes routiers. Ces prélèvements non autorisés, souvent effectués par des agents non officiels, augmentent artificiellement le coût du transport des marchandises et, par ricochet, le prix des produits de consommation courante. Le gouvernement mise désormais sur l'usage de la technologie et une coordination accrue avec les forces de l'ordre pour éradiquer ces pratiques. Parallèlement, la mise en place d'un numéro d'identification fiscale unique (TIN) national doit permettre de fiabiliser les données, d'éviter les doubles impositions et de faciliter les audits conjoints entre les services fiscaux fédéraux et étatiques.

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