Le Nigeria réduit sa facture d'importation de poisson tout en interrogeant sa souveraineté halieutique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
Le Nigeria réduit sa facture d'importation de poisson tout en interrogeant sa souveraineté halieutique

Le Nigeria a enregistré une baisse de 14,8 % de ses importations de produits halieutiques au deuxième trimestre 2026, avec une facture s'élevant à 167,91 milliards de nairas contre 197,17 milliards un an plus tôt. Si cette tendance globale à la baisse marque un léger recul de la dépendance aux marchés étrangers, la structure des importations révèle des disparités marquées selon les espèces.

Une dynamique contrastée entre les espèces

Les données du Bureau national des statistiques (NBS) mettent en lumière une évolution hétérogène des importations. Le merlan bleu demeure le produit le plus importé, bien que sa valeur ait diminué, passant de 116,13 milliards de nairas au deuxième trimestre 2025 à 96,93 milliards en 2026. À l'inverse, les importations de harengs ont connu une progression spectaculaire, bondissant de 9,84 milliards à 62,74 milliards de nairas sur la même période, s'imposant désormais comme le troisième produit alimentaire le plus importé du pays.

Diversification des sources d'approvisionnement

Le Nigeria s'approvisionne auprès d'un large éventail de partenaires internationaux, incluant les Pays-Bas, l'Irlande, la Chine, la Russie et plusieurs pays d'Amérique latine. Une évolution notable concerne le maquereau et le chinchard : alors que ces espèces étaient importées d'une diversité de pays comme le Chili, l'Allemagne ou la Corée du Sud en 2025, les données du deuxième trimestre 2026 indiquent une concentration exclusive des approvisionnements vers la Mauritanie.

Le défi de la production locale face au potentiel côtier

Au-delà des chiffres, cette dépendance aux importations suscite un débat sur la stratégie économique nationale. Avec un littoral de 850 kilomètres et d'importantes ressources en eau douce, le pays dispose d'un potentiel halieutique sous-exploité. Des experts du secteur agro-industriel soulignent que le Nigeria importe annuellement pour près de 1,5 à 2 milliards de dollars de produits de la pêche. En comparaison, des nations comme l'Inde, dotées d'un littoral deux fois plus étendu, parviennent à générer environ 10 milliards de dollars d'exportations dans ce même domaine.

Vers une réorientation des politiques publiques

La persistance de cette facture d'importation, malgré une légère baisse conjoncturelle, est perçue par les acteurs économiques comme un signal nécessitant un ajustement des politiques publiques. L'enjeu est de transformer le Nigeria en un pays autosuffisant, voire exportateur. Selon les observateurs, une meilleure structuration du secteur et un soutien ciblé à la pêche locale pourraient permettre de réduire drastiquement ces importations, transformant ainsi une dépendance structurelle en un levier de croissance économique durable.

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