Le Nigeria réclame une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU pour accorder deux sièges permanents à l'Afrique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 26 lectures
Le Nigeria réclame une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU pour accorder deux sièges permanents à l'Afrique

Le Nigeria a officiellement plaidé pour une refonte profonde de la gouvernance mondiale lors de la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York. Par la voix de son vice-président Kashim Shettima, Abuja exige l'octroi de deux sièges permanents assortis d'un droit de veto pour le continent africain, afin de mettre fin à une exclusion jugée anachronique.

Une représentativité en décalage avec les réalités géopolitiques

Pour le gouvernement nigérian, la structure actuelle du Conseil de sécurité, figée dans l'architecture de 1945, ne reflète plus les équilibres du XXIe siècle. Le vice-président Shettima a souligné que le monde ne peut demeurer captif d'une distribution de pouvoir vieille de huit décennies, alors même que les enjeux africains occupent une part croissante de l'agenda onusien. Cette demande s'inscrit dans le cadre du Consensus d'Ezulwini et de la Déclaration de Syrte, qui constituent la position commune de l'Union africaine pour corriger ce que les dirigeants du continent qualifient de déséquilibre historique.

Au-delà des sièges : le droit de veto comme levier d'influence

La proposition nigériane ne se limite pas à une présence symbolique. Elle réclame l'attribution de deux sièges permanents dotés des mêmes privilèges que ceux dont bénéficient actuellement les cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), incluant le droit de veto. En complément, le Nigeria préconise l'ajout de cinq sièges non permanents pour l'Afrique. L'argument central est que toute institution prétendant agir au nom de l'humanité doit impérativement refléter la diversité des populations qu'elle est censée représenter pour conserver sa légitimité.

Le multilatéralisme face aux crises contemporaines

Au-delà de la réforme institutionnelle, le Nigeria a réaffirmé son attachement au multilatéralisme comme seul rempart contre les divisions géopolitiques croissantes. Rappelant son engagement historique dans les opérations de maintien de la paix, notamment au Liberia, en Sierra Leone ou au Mali, Abuja insiste sur la nécessité de privilégier la diplomatie sur la coercition. Face à la multiplication des conflits, comme au Soudan, le vice-président a mis en garde contre une dégradation du débat international où la propagande brouille la distinction entre victimes et agresseurs. Pour le Nigeria, une ONU inclusive et réformée demeure indispensable pour garantir la paix durable et répondre aux défis sécuritaires et économiques actuels.

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