Le Nigeria a officiellement appelé à une transformation profonde du système mondial de préparation aux pandémies lors de l'Assemblée générale des Nations Unies. Le gouvernement nigérian insiste sur la nécessité d'un accès équitable aux financements, aux technologies médicales et au renforcement des capacités de production locale sur le continent africain.
Priorité à la souveraineté sanitaire africaine
Lors de cette rencontre de haut niveau, le ministre d'État à la Santé et à la Protection sociale, Iziaq Salako, a souligné que la préparation aux crises sanitaires futures ne peut reposer sur une dépendance aux importations. Le Nigeria plaide pour un mécanisme où les pays fournissant l'accès aux agents pathogènes bénéficient, en retour, d'un accès juste et rapide aux vaccins, diagnostics et traitements développés. Cette exigence de solidarité internationale s'accompagne d'une volonté de renforcer l'autonomie des systèmes de santé nationaux, jugés comme le premier rempart contre toute urgence sanitaire.
Renforcement des dispositifs nationaux
Sur le plan interne, le Nigeria déploie une stratégie ambitieuse pour améliorer sa réactivité. Le pays a adopté l'approche « 7-1-7 », qui fixe des objectifs stricts : détecter une menace en sept jours, notifier les autorités en un jour et initier une réponse en sept jours. Cette dynamique est soutenue par une extension du réseau de laboratoires de santé publique à travers les 36 États du pays et le déploiement de centres d'opérations d'urgence. Ces efforts ont permis au Nigeria de faire progresser son score d'évaluation externe conjointe de 39 % en 2017 à 54 % en 2023, avec l'appui financier de la Banque mondiale.
Lutte contre la résistance aux antimicrobiens
Au-delà des pandémies virales, le Nigeria place la résistance aux antimicrobiens (RAM) au cœur de ses préoccupations, la qualifiant de « multiplicateur de risques ». Pour marquer son engagement, le pays accueillera en décembre 2026 la cinquième Conférence ministérielle mondiale sur ce sujet, une première sur le sol africain. L'objectif est d'accélérer les actions concrètes autour de l'approche « One Health » (Une seule santé), tout en intégrant davantage les communautés locales dans la gestion des risques, afin de bâtir une confiance durable avant même l'apparition de futures crises.