Le Nigeria perd deux milliards de dollars par an faute de transformation locale de son cacao

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 14 lectures
Le Nigeria perd deux milliards de dollars par an faute de transformation locale de son cacao

Le Nigeria, acteur majeur de la production mondiale de cacao, fait face à un manque à gagner annuel estimé à deux milliards de dollars en raison d'un déficit structurel dans la transformation locale. Malgré une production abondante, le pays exporte principalement des fèves brutes, laissant la valeur ajoutée de la transformation — beurre, poudre et chocolat — aux marchés internationaux.

Un sous-emploi massif des capacités industrielles

Le gouvernement fédéral nigérian a souligné que, bien que le pays dispose d'une capacité de transformation installée de 2 000 tonnes par an, seulement 30 % de ce potentiel est actuellement exploité. Cette situation place le Nigeria dans une position de dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs, alors que le secteur mondial du chocolat dépasse les 130 milliards de dollars. Pour pallier ce manque, les autorités encouragent désormais les investissements privés dans des infrastructures de transformation locale, tout en insistant sur la nécessité de garantir la traçabilité des produits pour répondre aux nouvelles normes internationales, notamment celles de l'Union européenne.

Le défi de la productivité agricole

Au-delà de la transformation, la filière peine à accroître ses rendements agricoles. Malgré la distribution massive de plants améliorés par le Cocoa Research Institute of Nigeria (CRIN), la productivité stagne entre 250 et 300 kg par hectare. Les experts pointent du doigt le vieillissement des plantations, la pression des maladies et l'impact croissant du changement climatique, qui a déjà réduit la production régionale de 10 %. L'International Institute of Tropical Agriculture (IITA) préconise l'adoption de variétés plus résilientes, comme le café Liberica, pour sécuriser les revenus des petits exploitants face à l'instabilité météorologique.

Vers une stratégie continentale coordonnée

Lors de la conférence Africa Cocoa and Coffee, les décideurs ont appelé à une harmonisation des standards africains pour renforcer le poids du continent dans les négociations commerciales. Le constat est sans appel : alors que l'Afrique fournit environ 80 % du cacao mondial, elle ne capte qu'une fraction infime de la valeur finale. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de rendre l'agriculture plus attractive pour la jeunesse, en misant sur la technologie et une meilleure structuration des chaînes de valeur. L'objectif est clair : transformer le continent de « ferme du monde » en un acteur industriel capable de valoriser ses propres ressources.

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