Face à l'insécurité qui freine le développement du secteur agricole, le gouvernement nigérian a officialisé un partenariat stratégique impliquant les institutions de défense. Cette initiative vise à garantir la protection des sites de production pour attirer des capitaux privés vers des projets d'envergure dans les États de Yobe et de Jigawa.
Un bouclier sécuritaire pour les projets agro-industriels
Le ministère des Finances (MOFI), en collaboration avec Integranium Holdings et la Defence Agricultural Assets and Projects Development Company (DAPCO), a signé un protocole d'accord à Abuja. L'objectif central est de lever le frein sécuritaire qui pèse sur les investissements agricoles. Selon le Dr Femi Ogunseinde, directeur des investissements au MOFI, la mise en place d'un cadre de protection robuste est une condition sine qua non pour concrétiser des projets multibillionnaires, notamment dans les filières du soja et de la canne à sucre.
Optimiser le potentiel foncier nigérian
Au-delà de la sécurisation, ce partenariat ambitionne de transformer l'exploitation des ressources naturelles du pays. Le Dr Armstrong Takang, directeur général du MOFI, souligne la nécessité d'une meilleure gestion des terres et des ressources hydriques pour répondre aux besoins alimentaires nationaux tout en développant un surplus destiné à l'exportation. Avec environ 30 à 35 millions d'hectares de terres arables disponibles, le pays dispose d'un levier massif pour accroître sa production à grande échelle.
Implication des communautés et des forces armées
Le modèle opérationnel promu par la DAPCO prévoit une intégration étroite des populations locales dans les projets déployés sur leurs territoires. Cette stratégie inclut également une réflexion sur la participation du personnel militaire en service et des anciens combattants. Le président de la DAPCO, Aliyu Abdulhameed, précise que le rôle de l'appareil de défense est de garantir que les financements atteignent les zones rurales via des structures sécurisées et rigoureuses. Si les partenaires n'ont pas encore dévoilé le calendrier précis, ils anticipent le lancement opérationnel d'au moins un projet majeur avant la fin de l'année en cours.