Le gouvernement fédéral du Nigeria a franchi une étape décisive dans la restructuration de son secteur énergétique en levant 1 230 milliards de nairas via deux émissions obligataires successives. Cette opération vise à apurer une dette historique de 4 000 milliards de nairas due aux entreprises de production d'électricité (GenCos), un passif qui entravait jusqu'ici les investissements et la stabilité du réseau national.
Une stratégie de désendettement en deux phases
La mobilisation de ces fonds s'est articulée autour de deux séries d'émissions obligataires pilotées par la Nigerian Bulk Electricity Trading Plc (NBET). Après une première levée de 501 milliards de nairas en janvier, une seconde série, lancée en août, a permis de collecter 728,9 milliards de nairas supplémentaires. Cette dernière phase se décompose en 402 milliards de nairas en obligations cash et 326,9 milliards de nairas en obligations non-cash, impliquant désormais 11 producteurs d'électricité, contre 8 lors de la première phase. Selon les autorités, cet élargissement témoigne d'une confiance accrue des acteurs du marché envers le mécanisme de règlement mis en place.
Restaurer la liquidité et la confiance des investisseurs
L'accumulation de ces créances impayées avait créé un effet d'étranglement sur l'ensemble de la chaîne de valeur électrique, limitant la capacité des GenCos à financer de nouveaux projets de production. En injectant ces liquidités, le gouvernement cherche à restaurer la viabilité financière du secteur. Pour les autorités, ce programme ne doit pas être perçu comme un simple règlement de factures passées, mais comme un levier indispensable pour rétablir la confiance des investisseurs et assurer la pérennité du marché nigérian de l'électricité.
L'impératif de réformes structurelles
Le ministre des Finances et coordinateur de l'économie, Taiwo Oyedele, a toutefois souligné que cet effort financier ne saurait suffire s'il n'est pas accompagné de réformes structurelles profondes. Le gouvernement insiste sur la nécessité d'instaurer une discipline de marché plus rigoureuse, d'améliorer l'assurance des revenus et de réduire drastiquement les pertes techniques et commerciales. L'objectif à long terme est de transformer l'écosystème électrique en un secteur autonome et responsable, capable de prévenir la récurrence de telles dettes. Cette approche, qui s'appuie sur les marchés de capitaux domestiques, est présentée comme le socle nécessaire pour garantir un approvisionnement électrique stable et durable pour le pays.