Le gouvernement nigérian amorce une transition stratégique, passant de la stabilisation macroéconomique à une phase de croissance axée sur l'entreprise et l'industrialisation. Lors de la 40e Foire internationale de Lagos, le président Bola Tinubu a souligné que le socle économique étant désormais consolidé, l'enjeu est de stimuler la production nationale pour générer des emplois et accroître la valeur ajoutée.
Indicateurs macroéconomiques en progression
Le chef de l'État a mis en avant des résultats financiers significatifs pour justifier cette nouvelle orientation. En octobre 2026, les réserves de change brutes du Nigeria ont atteint environ 55,07 milliards de dollars, soit leur plus haut niveau depuis 18 ans, contre moins de 4 milliards en 2023. Parallèlement, l'inflation a été ramenée à 14,63 % en septembre 2026, tandis que la croissance du PIB s'est établie à 4,43 % au deuxième trimestre. Ces chiffres, selon l'exécutif, témoignent d'une amélioration des fondamentaux économiques du pays.
Priorité à la production locale et aux PME
Pour le gouvernement, la prospérité ne peut reposer sur la dépendance aux importations. La politique industrielle nationale vise désormais à renforcer les chaînes de valeur locales en transformant les matières premières sur le sol nigérian. Cet engagement s'est traduit par un soutien direct à plus de 115 000 micro, petites et moyennes entreprises (MPME) en 2025. L'exécutif promet de poursuivre les efforts pour améliorer l'accès au financement, à l'énergie et aux marchés pour ces acteurs clés de l'économie réelle.
Le Nigeria au cœur des échanges continentaux
Le commerce extérieur demeure un levier majeur, avec des exportations hors pétrole ayant dépassé les 6,1 milliards de dollars en 2025. Le président Tinubu mise sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour permettre aux entreprises nigérianes d'accéder à de nouveaux débouchés. Dans cette dynamique d'ouverture, le Nigeria a annoncé qu'il accueillerait pour la première fois la Foire commerciale intra-africaine en 2027, en partenariat avec la Banque africaine d'import-export (Afreximbank), confirmant ainsi son ambition de devenir un hub commercial majeur sur le continent.