Le gouvernement nigérian entend profiter du 18e sommet des BRICS, qui se tient les 12 et 13 septembre à New Delhi, pour intensifier ses partenariats commerciaux au-delà du secteur pétrolier. Cette démarche diplomatique vise à réduire la dépendance budgétaire du pays aux hydrocarbures, qui assurent encore 90 % de ses recettes d'exportation.
Une stratégie de diversification face à la volatilité pétrolière
Malgré une croissance portée par les services, les télécommunications et l'agriculture, le Nigeria reste structurellement vulnérable aux fluctuations des cours du brut. Le gouvernement fédéral, qui a récemment centralisé les revenus pétroliers et gaziers par décret, cherche désormais à sécuriser de nouveaux débouchés. L'objectif est de transformer cette manne budgétaire volatile en investissements durables dans des secteurs clés tels que les minéraux solides, l'innovation technologique et l'agro-industrie.
L'évolution du paysage énergétique national
La nécessité de diversifier l'économie est accentuée par les mutations du secteur énergétique. Avec une production quotidienne de brut en léger recul, passant de 1,62 million de barils au premier trimestre 2025 à 1,55 million en 2026, le Nigeria ajuste son modèle. L'entrée en jeu de la raffinerie Dangote, qui positionne désormais le pays comme exportateur de carburants raffinés vers l'Europe, modifie la donne commerciale et pousse Abuja à explorer des marchés internationaux plus vastes au sein du bloc des BRICS.
Un ancrage diplomatique progressif
Bien que le Nigeria ne soit pas membre permanent des BRICS, sa présence répétée lors des sommets et des rencontres diplomatiques, notamment à Moscou en juin dernier, témoigne d'une volonté d'intégration accrue. En participant aux travaux de ce forum, qui représente environ 40 % du PIB mondial et 26 % du commerce international, le pays le plus peuplé d'Afrique entend renforcer son influence économique. Cette diplomatie de présence permet à Abuja de se positionner comme un partenaire incontournable auprès des puissances émergentes, sans pour autant précipiter une demande d'adhésion formelle.