Le Nigeria licencie 40 agents de l’EFCC pour corruption : un signal fort ou une opération de communication ?

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 40 lectures
Le Nigeria licencie 40 agents de l’EFCC pour corruption : un signal fort ou une opération de communication ?

Le Nigeria frappe fort contre la corruption en interne : plus de 40 agents de l’EFCC, l’agence anti-corruption, ont été licenciés pour malversations financières en trois ans. Une purge qui s’accompagne de réformes structurelles et d’un record de condamnations, mais dont les détails restent flous.

Une purge interne sans précédent

Depuis octobre 2023, le Nigeria a licencié 40 agents de l’Economic and Financial Crimes Commission (EFCC) pour corruption et malversations financières. Selon Ola Olukoyede, président de l’agence, cinq de ces anciens employés sont déjà poursuivis en justice, tandis que des dossiers sont en préparation pour d’autres. Ces licenciements s’inscrivent dans une refonte plus large de l’institution, où le département en charge des enquêtes internes a été rebaptisé « Département d’Éthique et d’Intégrité ».

Des réformes pour restaurer la crédibilité

Pour limiter les conflits d’intérêts, l’EFCC a instauré une politique stricte sur les cadeaux et l’hospitalité. Les agents doivent désormais déclarer tout présent dépassant un seuil non précisé, y compris ceux reçus de l’étranger. « Vous ne pouvez pas combattre la corruption si vos mains sont sales », a déclaré Olukoyede lors d’une conférence de presse à Abuja. Pourtant, l’agence n’a pas communiqué de détails sur les affaires impliquant ses anciens employés, malgré une demande de la BBC.

Des résultats records, mais des zones d’ombre

En trois ans, l’EFCC affirme avoir récupéré 1 230 milliards de nairas (925 millions de dollars) et obtenu un taux de condamnation supérieur à 75 %. Entre octobre 2023 et juillet 2026, l’agence a traité 49 673 plaintes, enquêté sur 39 615 dossiers et obtenu 10 872 condamnations. Les chiffres pour le premier semestre 2026 sont encore plus impressionnants : 1 370 condamnations pour 1 889 affaires jugées. Une performance qui reflète, selon Olukoyede, « une approche rigoureuse basée sur des preuves et des résultats judiciaires ».

Cybercriminalité et fraude en hausse : un changement de cible ?

Autre évolution notable : l’EFCC recentre ses enquêtes sur la cybercriminalité et la fraude, plutôt que sur les seuls cas de corruption impliquant des hauts fonctionnaires. Une stratégie qui pourrait refléter l’évolution des menaces économiques au Nigeria, mais aussi une volonté de montrer une action plus large contre la criminalité financière. Reste à savoir si ces réformes internes et ces résultats spectaculaires suffiront à restaurer la confiance dans une institution souvent critiquée pour son manque de transparence.

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