Face à une crise nutritionnelle persistante, le Forum des gouverneurs du Nigeria (NGF) a annoncé la création d'un Fonds national d'intervention nutritionnelle. Ce mécanisme financier vise à soutenir le déploiement opérationnel de l'initiative « Nutrition 774 » dans l'ensemble des collectivités locales du pays, marquant une volonté politique de passer de l'engagement à l'action concrète.
Une mobilisation nationale contre la faim
Les gouverneurs des 36 États de la fédération ont officiellement déclaré l'état d'urgence nutritionnelle sur le territoire. Ce fonds, dont les contours ont été précisés lors d'un échange de haut niveau à Addis-Abeba, a pour vocation d'inciter les dirigeants locaux à investir davantage dans des programmes de santé ciblés. L'objectif est de récompenser les administrations les plus performantes tout en garantissant une amélioration mesurable des indicateurs de santé publique, en s'appuyant sur une planification budgétaire institutionnalisée.
Inspiration éthiopienne et coordination multisectorielle
La stratégie nigériane s'inspire directement de la « Déclaration de Seqota » en Éthiopie, un modèle de lutte contre la malnutrition étudié par une délégation menée par le vice-président Kashim Shettima. Les autorités nigérianes retiennent de cette expérience l'importance d'une coordination multisectorielle rigoureuse et d'un leadership politique soutenu. Le programme « Nutrition 774 », déjà entériné par un pacte signé en février 2025 entre les trois niveaux de gouvernement, bénéficiera désormais d'un cadre de suivi plus strict pour assurer une exécution disciplinée des politiques publiques.
Vers une mise en œuvre ciblée et rigoureuse
Le gouvernement fédéral prévoit d'amorcer cette phase opérationnelle par des interventions pilotes dans deux États, sélectionnés en fonction de la prévalence du retard de croissance. Cette approche, portée par l'Agence nationale de développement des soins de santé primaires (NPHCDA), repose sur une vision claire : définir des objectifs précis, chiffrer les besoins et établir des matrices de performance. Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Muhammad Pate, a souligné que la réussite de ce projet dépendra de la capacité des différents échelons administratifs à transformer ces engagements en résultats tangibles, sous la supervision du Conseil national de la nutrition.