Le Nigeria lance le projet JFIC pour renforcer la collaboration entre public et privé contre la criminalité financière

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Le Nigeria lance le projet JFIC pour renforcer la collaboration entre public et privé contre la criminalité financière

La Nigerian Financial Intelligence Unit (NFIU) a franchi une étape décisive dans la sécurisation du système financier national en initiant le projet de Joint Financial Intelligence Collaboration (JFIC). Ce cadre de coopération inédit vise à instaurer une plateforme de partage de renseignements entre les institutions publiques et les acteurs privés pour mieux contrer les menaces financières émergentes.

Une architecture de collaboration public-privé

Réunis à Abuja, les régulateurs, les banques, les entreprises de technologie financière (fintech), les fournisseurs de services d'actifs virtuels et les compagnies d'assurance ont entamé la co-conception de ce dispositif. L'objectif est de dépasser le stade des simples échanges pour aboutir à une mise en œuvre opérationnelle concrète. Hafsat Bakari, directrice générale de la NFIU, souligne que cette synergie est indispensable pour identifier les réseaux financiers illicites et renforcer la résilience globale du pays face à des activités criminelles de plus en plus sophistiquées.

L'intégration du secteur privé au cœur de la stratégie

Le projet JFIC se distingue par sa volonté de placer les institutions privées au centre du processus décisionnel. Selon Olusoji Apampa, directeur général de la Convention for Business Integrity (CBi), cette approche garantit que le cadre final reflète les réalités opérationnelles du terrain. En impliquant directement les acteurs économiques, la NFIU cherche à bâtir une confiance mutuelle, condition sine qua non pour une détection précoce des risques et une réponse coordonnée aux flux financiers illicites.

Un enjeu de conformité internationale

L'initiative bénéficie du soutien de la Commission britannique au Nigeria, soulignant l'importance stratégique du pays dans le dispositif mondial de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Xolisile Khanyile, ancienne présidente du groupe Egmont, a insisté sur la nécessité d'une approche progressive et pragmatique. Pour les autorités nigérianes, cette collaboration est une réponse directe à l'impossibilité pour une institution isolée de combattre seule la criminalité financière moderne. Le succès de ce cadre dépendra désormais de la capacité des parties prenantes à maintenir cet engagement collectif sur le long terme.

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