Le Nigeria Labour Congress (NLC) a officiellement exprimé son opposition au projet de concession du King’s College de Lagos et des autres collèges fédéraux d'unité (Unity Colleges). Le syndicat alerte sur les risques d'une telle mesure pour l'accessibilité de l'éducation publique et sur le devoir régalien de l'État de garantir l'instruction de ses citoyens.
Un risque de précédent pour le système éducatif
Joe Ajaero, président du NLC, a souligné que si l'initiative des anciens élèves du King’s College est motivée par une volonté louable de restaurer le prestige de l'établissement face à la dégradation des services et au sous-financement, elle comporte des dangers structurels. Le syndicat craint qu'une telle concession ne crée un précédent juridique et opérationnel, ouvrant la voie à la gestion de ces établissements par des entités privées dont la capacité à assurer une éducation de qualité reste incertaine.
La menace d'une exclusion financière
Au-delà de la gestion, le NLC pointe du doigt les conséquences économiques directes pour les familles nigérianes. Le passage sous gestion privée pourrait entraîner une hausse significative des frais de scolarité et des tarifs annexes, rendant ces écoles inaccessibles aux ménages à revenus moyens. Pour le syndicat, l'éducation demeure une obligation fondamentale de l'État, une responsabilité que le gouvernement ne saurait déléguer au secteur privé sous couvert de rationalisation économique.
L'appel à une réforme du financement public
Le NLC rejette l'idée d'un désengagement de l'État, rappelant que le gouvernement a historiquement intégré des écoles autrefois gérées par des missions religieuses. Selon Joe Ajaero, le gouvernement dispose des leviers nécessaires pour maintenir ces établissements. Le syndicat préconise plutôt une augmentation du financement public et une gestion plus rigoureuse, afin de préserver la culture de compétition saine entre les écoles publiques, privées et confessionnelles. Le NLC a d'ores et déjà apporté son soutien aux mouvements de contestation contre ce projet, exhortant les autorités à privilégier la pérennisation du service public plutôt que sa privatisation par « la porte dérobée ».