Le Nigeria Labour Congress (NLC) monte au créneau pour dénoncer l'impact dévastateur de la hausse des prix du carburant sur le pouvoir d'achat des citoyens. Le syndicat exhorte les autorités à mettre en place des mécanismes de protection sociale et à réformer la gestion de la production pétrolière nationale pour stabiliser le marché intérieur.
Des revendications salariales pour contrer l'inflation
Le président du NLC, Joe Ajaero, a officiellement appelé le gouvernement à instaurer des primes salariales exceptionnelles pour les travailleurs. Cette demande repose sur un constat simple : l'augmentation du coût du transport, qui atteint des sommets, entraîne mécaniquement une hausse généralisée des prix des denrées alimentaires, des loyers et des frais de scolarité. Pour le syndicat, cette spirale inflationniste approfondit la pauvreté et fragilise la cohésion sociale, justifiant une intervention directe de l'État pour protéger les revenus des ménages les plus exposés.
Sécuriser l'approvisionnement des raffineries locales
Au-delà du soutien aux revenus, le NLC propose une restructuration de la stratégie énergétique nationale. Le syndicat demande instamment au gouvernement de vendre du pétrole brut en nairas aux raffineries locales. Cette mesure viserait à réduire la dépendance aux fluctuations du marché international et à stabiliser les coûts de production à l'échelle nationale. En parallèle, le NLC insiste sur l'impératif d'étendre les capacités de stockage du pays, une infrastructure jugée indispensable pour anticiper les crises énergétiques et garantir la sécurité nationale face aux tensions géopolitiques, notamment dans la région du Golfe.
L'argument de la manne pétrolière
Le NLC souligne une contradiction majeure : alors que les citoyens subissent de plein fouet la hausse des prix à la pompe, l'État nigérian bénéficie d'une rente exceptionnelle liée aux cours mondiaux du brut. Selon le syndicat, les revenus générés par la vente du pétrole sur le marché international dépassent les prévisions budgétaires de 35 à 40 dollars par baril, représentant une manne de plusieurs milliers de milliards de nairas par mois. Le mouvement syndical estime que le gouvernement dispose ainsi des marges de manœuvre nécessaires pour subventionner les besoins essentiels de la population, à l'instar d'autres pays producteurs de pétrole ayant mis en place des mesures de soutien face à la conjoncture actuelle.