Le Nigeria Labour Congress (NLC) et le syndicat des enseignants (NUT) du Territoire de la capitale fédérale (FCT) ont officiellement rejeté la directive du ministre Nyesom Wike visant à appliquer la politique du « pas de travail, pas de salaire » aux agents en grève. Cette confrontation souligne une divergence profonde sur l'interprétation du droit de grève et des libertés syndicales au sein de l'administration nigériane.
Une riposte syndicale face aux menaces administratives
Le ministre du FCT avait ordonné aux responsables des conseils de zone et aux chefs d'établissements scolaires de mettre en place des registres de présence quotidiens pour identifier les grévistes. En réponse, les leaders syndicaux, Knabayi Adalo pour le NLC et Margaret Jethro pour le NUT, ont qualifié cette mesure d'« illégale » et « inconstitutionnelle ». Ils ont formellement enjoint aux travailleurs de ne pas signer ces registres, les considérant comme des outils de division sans valeur juridique, et ont promis de protéger tout employé faisant l'objet de mesures de rétorsion.
Le cadre légal au cœur du conflit
La position du NLC s'appuie sur la Constitution nigériane de 1999, le Trade Unions Act et plusieurs conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT). Selon Knabayi Adalo, la règle du « pas de travail, pas de salaire » prévue par le Trade Disputes Act ne s'applique qu'aux mouvements sociaux déclarés illégaux. Or, le syndicat soutient avoir respecté toutes les procédures légales avant de lancer la grève le 7 octobre. Le NLC invoque également des précédents jurisprudentiels de la Cour industrielle nationale, affirmant que les salaires ne peuvent être retenus lorsque l'employeur est à l'origine du conflit par le non-respect d'accords préalables.
Les revendications structurelles en suspens
Au-delà de la menace financière, le mouvement social cristallise des griefs persistants contre l'administration du FCT. Les syndicats dénoncent notamment l'imposition d'une clause de vacance de poste entravant les promotions des enseignants, ainsi que la rétrogradation de directeurs bénéficiant pourtant de la loi sur l'âge de la retraite harmonisé de 2022. Le NLC exige désormais l'annulation de ces clauses, la tenue effective des exercices de promotion pour 2025 et la réintégration des cadres démis de leurs fonctions. Pour les syndicats, le retour au calme dépend exclusivement de la résolution de ces points de blocage, et non de l'intimidation des personnels.