Le président nigérian Bola Tinubu a réaffirmé sa stratégie économique face aux critiques de l'opposition concernant le recours croissant aux emprunts internationaux. Pour le chef de l'État, ces financements ne sont pas des charges inutiles, mais des leviers indispensables pour bâtir les infrastructures nécessaires à la transformation structurelle du pays.
Priorité aux corridors économiques
Le gouvernement nigérian mise sur des projets d'envergure pour stimuler la productivité nationale. Parmi les chantiers prioritaires figurent l'autoroute côtière Lagos-Calabar, la super-autoroute Sokoto-Badagry, ainsi que la modernisation des ports commerciaux et du réseau électrique. Selon les projections officielles, l'autoroute Lagos-Calabar devrait réduire les coûts logistiques de 15 à 20 % et contribuer à hauteur de 2 % au PIB national. Ces investissements visent à créer environ 100 000 emplois directs dans la construction et 150 000 emplois indirects dans les services connexes.
Vers une économie d'un trillion de dollars
L'ambition affichée par l'administration Tinubu est d'atteindre une économie d'un trillion de dollars d'ici 2030. Le président soutient qu'une telle croissance ne peut être soutenue par des infrastructures obsolètes. Cette stratégie s'appuie sur les réformes engagées depuis mai 2023, notamment la suppression des subventions sur le carburant et l'unification des taux de change. Ces mesures auraient permis de stabiliser les finances publiques, de porter le ratio impôts/PIB à 12,5 % et de ramener l'inflation à 14,63 % en septembre 2026, contre 20,98 % l'année précédente.
Gestion de la dette et confiance des marchés
Pour justifier sa politique d'emprunt, le président souligne une amélioration de la crédibilité financière du Nigeria sur les marchés internationaux. Avec des réserves extérieures atteignant 55,1 milliards de dollars en octobre 2026, le pays bénéficie d'une baisse des coûts d'emprunt et d'une réduction de sa prime de risque. L'objectif est désormais de privilégier des financements à long terme, alignés sur la durée de vie des actifs construits, afin de limiter les pressions budgétaires immédiates. Le gouvernement insiste sur le fait que le succès de cette politique ne sera pas mesuré par l'obtention des fonds, mais par l'achèvement effectif des projets et leur impact concret sur le niveau de vie des citoyens.