Le gouvernement nigérian engage un plan de 600 milliards de nairas pour réhabiliter le port de Warri, dans l’État du Delta, et sécuriser le chenal d’Escravos, artère vitale pour le commerce maritime régional. Cette initiative, pilotée par l’Autorité portuaire nigériane (NPA), vise à éliminer les risques d’échouage des navires et à relancer l’activité économique des ports de l’Est, actuellement paralysée par des infrastructures obsolètes.
Un chenal en péril, un commerce en danger
Le chenal d’Escravos, qui relie le port de Warri à la mer, souffre d’un dragage insuffisant depuis des années. Résultat : des navires à fort tirant d’eau s’échouent régulièrement, bloquant les échanges et grevant les coûts logistiques. Les pilotes maritimes locaux dénoncent des conditions de navigation de plus en plus périlleuses, où chaque trajet devient un pari risqué. Ces incidents répétés ont poussé les armateurs à privilégier d’autres routes, affaiblissant la compétitivité du port de Warri, pourtant stratégique pour l’économie du Delta.
Six projets phares pour une relance en profondeur
Le projet de modernisation des ports de l’Est, dont la reconstruction du chenal d’Escravos, s’inscrit dans un programme plus large de six chantiers confiés à China Harbour Engineering. Parmi les autres réalisations prévues figurent la réhabilitation des quais, l’amélioration des systèmes de signalisation maritime et la sécurisation des infrastructures côtières. Ces travaux, estimés à plusieurs centaines de milliards de nairas, devraient s’étaler sur plusieurs années et mobiliser des milliers d’emplois locaux.
Un pari économique aux retombées régionales
Au-delà de la sécurité maritime, cette modernisation est un levier pour l’économie du Delta et du Nigeria. Le port de Warri, historiquement l’un des plus actifs de la région, pourrait retrouver son rôle de hub logistique si les travaux permettent de réduire les temps d’attente et les coûts de transport. Les autorités espèrent ainsi attirer de nouveaux investissements dans les secteurs pétrolier, agricole et manufacturier, tout en désengorgeant les ports concurrents de Lagos. La réussite de ce projet dépendra cependant de la rapidité d’exécution et de la transparence dans la gestion des fonds publics.