Le gouvernement fédéral du Nigeria a validé une enveloppe de 40,76 milliards de nairas pour le troisième trimestre 2026, destinée à renforcer le Fonds de provision pour les soins de santé de base (BHCPF). Cette décision stratégique vise non seulement à accroître la capacité des centres de soins primaires, mais également à intégrer près de 90 000 détenus dans le système d'assurance maladie national.
Une hausse significative des investissements sectoriels
Cette nouvelle allocation marque une progression notable de 7,88 milliards de nairas par rapport au trimestre précédent. Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, le professeur Muhammad Ali Pate, a souligné que cette augmentation s'inscrit dans le cadre de l'Initiative d'investissement pour le renouvellement du secteur de la santé au Nigeria. Les fonds sont répartis entre quatre agences clés : l'Autorité nationale d'assurance maladie (NHIA) reçoit la part la plus importante avec 19,87 milliards de nairas, suivie par l'Agence nationale de développement des soins de santé primaires (NPHCDA) avec 18,34 milliards de nairas. Le solde est alloué au système d'urgence médicale et au Centre de contrôle des maladies (NCDC).
Extension de la couverture aux populations carcérales
Répondant à une requête des services correctionnels, le comité ministériel a acté l'extension de la couverture santé à environ 90 000 détenus à travers le pays. Cette mesure, gérée par la NHIA, exclut toutefois les individus déjà couverts par des dispositifs étatiques. Parallèlement, le gouvernement prévoit d'élargir son maillage territorial en intégrant 5 212 nouveaux établissements de santé primaires, portant le total à 13 521 centres bénéficiaires du fonds à travers les 36 États et le territoire de la capitale fédérale.
Optimisation de la chaîne d'approvisionnement et transparence
Pour garantir l'efficacité de ces investissements, le gouvernement mise sur une réforme de l'approvisionnement en médicaments via « MEDIPOOL », une centrale d'achat nationale visant à sécuriser la qualité et les prix des produits de santé. Face aux risques de détournement, une collaboration a été établie avec la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC) pour assurer un suivi rigoureux des flux financiers.
Défis de mise en œuvre et responsabilité des États
Malgré ces avancées, des goulots d'étranglement persistent dans le transfert des fonds vers les échelons locaux. Un sous-comité a été chargé d'identifier ces blocages sous six semaines. Le ministre a par ailleurs exhorté les gouverneurs des États à honorer leurs obligations de contrepartie financière, conformément à la Loi nationale sur la santé de 2014, rappelant que la pérennité du système repose sur une responsabilité partagée entre le gouvernement fédéral et les entités régionales.