Le gouvernement fédéral du Nigeria a annoncé le déblocage de 40,7 milliards de nairas au titre du Fonds de provision pour les soins de santé de base (BHCPF). Cette enveloppe vise à renforcer le maillage sanitaire national en étendant la couverture à 13 000 établissements, tout en intégrant des populations vulnérables, notamment les détenus, dans le système d'assurance maladie.
Extension du réseau et critères d'équité
L'injection de ces fonds permet d'ajouter 5 000 nouveaux centres de santé primaires au dispositif existant. Selon le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Muhammad Pate, la sélection de ces sites répond à des impératifs d'équité territoriale. Les autorités privilégient les zones en fonction de la charge de morbidité, de la densité démographique et de l'éloignement géographique des populations par rapport aux structures de soins actuelles.
Recrutement et gestion des ressources humaines
Pour pallier le déficit de personnel soignant, le gouvernement prévoit d'utiliser les économies réalisées par l'Agence nationale de développement des soins de santé primaires (NPHCDA) pour recruter des agents de terrain. Le soutien financier fédéral sera assuré pendant une période transitoire de trois ans. À terme, il incombera aux États de prendre le relais pour pérenniser ces emplois et poursuivre le renforcement des effectifs médicaux locaux.
Optimisation des achats et transparence
Au-delà de l'augmentation des budgets, l'exécutif mise sur une efficacité accrue des dépenses. Le ministère de la Santé a engagé une stratégie de co-approvisionnement en médicaments et produits de santé afin de négocier des prix plus compétitifs pour les établissements. Pour garantir l'intégrité de ces opérations, le gouvernement collabore avec des organisations de la société civile et la Commission indépendante contre les pratiques de corruption (ICPC).
Couverture des populations vulnérables et urgences sanitaires
Une mesure notable de cette réforme est l'inclusion des détenus dans le Fonds d'assurance maladie pour les groupes vulnérables, offrant ainsi une couverture à environ 90 000 personnes incarcérées. Parallèlement, le ministère a réitéré l'importance de la vaccination contre la diphtérie et a appelé les autorités locales à mobiliser davantage de ressources pour répondre aux épidémies récurrentes, telles que la fièvre de Lassa et le choléra, soulignant que l'intervention fédérale ne saurait se substituer aux responsabilités budgétaires des États et des gouvernements locaux.