Le gouvernement nigérian durcit le ton face à la gestion des fonds publics alloués au développement régional. Le président Bola Ahmed Tinubu a officiellement proscrit les projets dits « éléphants blancs » et menacé de sanctions les responsables qui se rendraient coupables de corruption ou de détournement au sein des nouvelles commissions de développement.
Exigence de rentabilité et fin du gaspillage
Lors du premier sommet des parties prenantes du Centre-Nord à Abuja, le chef de l'État a rappelé que les commissions régionales ne doivent en aucun cas devenir des structures de dilapidation des ressources. Le mot d'ordre est clair : chaque naira investi doit servir à débloquer des capitaux privés et à générer une valeur ajoutée réelle. Le président a ordonné au Secrétariat du gouvernement de garantir le versement ponctuel des fonds, tout en exhortant ces entités à ne plus dépendre exclusivement des dotations étatiques, mais à privilégier les partenariats public-privé et le financement par le développement.
Une vision stratégique sur vingt ans
Au cœur de cette nouvelle dynamique, la Commission de développement du Centre-Nord (NCDC) a dévoilé un plan directeur de deux décennies. L'objectif est de transformer le potentiel agricole et minier de la région en un moteur économique intégré. Selon le directeur général de la NCDC, Dr Cyril Yiltsen Tsenyil, la région doit cesser de penser en silos étatiques pour se concevoir comme un espace économique unifié. Cette stratégie repose sur le développement de corridors logistiques, incluant le rail, les voies navigables et des ports secs, afin de connecter les zones de production aux marchés nationaux et internationaux.
La pérennité des politiques publiques
Le ministre du Développement régional, Abubakar Momoh, a insisté sur la nécessité de sanctuariser ces projets au-delà des cycles électoraux. Le plan de vingt ans doit servir de cadre de référence stable pour guider les investissements publics et privés, indépendamment des changements d'administration. Cette vision inclut le développement du capital humain comme une infrastructure économique à part entière, visant à doter la jeunesse de compétences adaptées aux secteurs de l'agro-industrie, de la technologie et de l'énergie renouvelable.
Sécurité et inclusion comme leviers de croissance
Le gouvernement souligne que la stabilité sécuritaire est un prérequis indispensable à toute transformation économique. Les conflits communautaires et l'insécurité, qui entravent actuellement l'agriculture et l'éducation, doivent être adressés par le développement lui-même, en créant des opportunités d'emploi tangibles pour les populations locales. La réussite de cette stratégie sera évaluée non pas par le nombre de réunions tenues, mais par des indicateurs concrets : création d'emplois, mobilisation de capitaux privés et livraison effective d'infrastructures structurantes.