Le gouvernement fédéral nigérian a clôturé le premier trimestre 2026 avec un déficit fiscal de 4 690 milliards de nairas. Cette situation, révélée par le Bureau du budget de la Fédération, souligne les difficultés persistantes de l'État à mobiliser les ressources nécessaires pour financer ses ambitions budgétaires annuelles.
Un décalage marqué entre prévisions et recettes réelles
Le rapport de performance budgétaire indique que les recettes totales se sont élevées à 5 080 milliards de nairas, soit une performance nettement en deçà de l'objectif trimestriel fixé à 9 220 milliards de nairas. Ce manque à gagner de 4 140 milliards de nairas représente un taux de réalisation de seulement 55 % des projections. Parallèlement, les dépenses publiques ont été contenues à 9 760 milliards de nairas, contre une enveloppe prévue de 17 080 milliards, illustrant une sous-exécution budgétaire globale de 57,2 %.
Le défi du financement et l'absence d'emprunts extérieurs
La stratégie de financement du déficit a été marquée par une dépendance accrue au marché intérieur, avec 3 900 milliards de nairas d'emprunts domestiques. Le volet international, quant à lui, n'a enregistré aucun flux d'entrée au cours de cette période, malgré une projection initiale de 2 700 milliards de nairas. Les recettes issues des privatisations ont également été décevantes, atteignant seulement 3,32 milliards de nairas sur un objectif de 47,29 milliards, tandis que les prêts liés à des projets multilatéraux et bilatéraux ont rapporté 287,44 milliards de nairas.
Une croissance économique portée par les secteurs non pétroliers
En dépit de ces tensions sur les finances publiques, l'économie nigériane a enregistré une croissance réelle de 3,89 % au premier trimestre. Cette dynamique est principalement soutenue par le secteur non pétrolier, qui a progressé de 3,94 %, surpassant la performance du secteur pétrolier (+2,57 %). Le Bureau du budget qualifie cette phase de période de « stabilisation macroéconomique », tout en insistant sur la nécessité impérative d'améliorer la collecte des recettes dans les prochains mois pour garantir l'exécution du budget 2026.
Priorités pour le reste de l'exercice 2026
Pour redresser la barre, les autorités misent sur plusieurs leviers : l'élargissement de l'assiette fiscale, la relance de la production pétrolière et le renforcement de la productivité agricole. Le gouvernement affiche également sa volonté de mieux contrôler les dépenses récurrentes, notamment les coûts de personnel, tout en cherchant à stabiliser le taux de change et à favoriser l'investissement privé. La réussite de ces objectifs dépendra de la capacité de l'État à transformer cette stabilité macroéconomique en une capacité productive accrue et en une mobilisation fiscale plus robuste.